Gestion des aires protégées : L’OIPR consolide ses acquis

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Le 13 février 2026, la Direction de zone sud-ouest de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), à Soubré, a servi de cadre à la 10e édition des Journées des gestionnaires des parcs nationaux et réserves naturelles, couplée à la réunion du Comité de Direction (COD). Une rencontre stratégique placée sous le sceau de l’évaluation, de la planification et de la cohésion institutionnelle, en présence des autorités administratives, politiques, judiciaires, des partenaires techniques et financiers et des forces de défense et de sécurité.

Dès 8 heures, les honneurs militaires rendus au Conservateur général ont donné le ton d’une cérémonie solennelle. Dans son adresse, le Conservateur général Tondossama Adama, Directeur général de l’OIPR, a rappelé que le Comité de Direction, institué par la loi de 2002, se tient quatre fois par an afin d’assurer l’orientation stratégique de la gestion des aires protégées. « En début d’année, nous faisons le bilan de l’année écoulée et la planification de l’année suivante », a-t-il souligné.

Le patron de l’OIPR a présenté un bilan technique structuré autour des principales fonctions de gestion : la surveillance, le suivi écologique, l’appui aux populations riveraines, la valorisation touristique et le management. En matière de surveillance, il a mis en avant les opérations conjointes menées avec les forces de défense et les communautés locales pour préserver l’intégrité des parcs. « Nous avons déterminé un nombre d’objectifs à atteindre à l’intérieur des parcs nationaux », a-t-il précisé.

S’agissant du suivi écologique, le Conservateur général a insisté sur la collaboration avec les chercheurs pour mieux connaître la répartition des espèces et valider scientifiquement les rapports annuels. Cette rigueur méthodologique permet de consolider la crédibilité du système ivoirien de gestion des aires protégées, désormais aligné sur les standards internationaux.

L’appui aux communautés riveraines constitue, selon lui, un pilier fondamental. Écoles, centres de santé, équipements biomédicaux, matériaux de construction et actions de sensibilisation sont déployés afin de concilier conservation et développement local. Prenant l’exemple du Parc national de Taï, il a rappelé que cet espace joue un rôle déterminant dans la régulation climatique et la pluviométrie au sud-ouest, soutenant ainsi la production cacaoyère.

Sur le plan des performances internationales, l’OIPR affiche des résultats notables. Environ 32 % des forêts encore existantes en Côte d’Ivoire se trouvent dans les parcs nationaux et réserves naturelles. Plusieurs sites bénéficient de labels prestigieux, notamment le Parc national de Taï, le Parc national de la Comoé et la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba, inscrits au patrimoine mondial. Mieux, ces trois aires protégées figurent sur la Liste verte de l’UICN, gage d’excellence en matière de gouvernance environnementale.

Pour 2026, l’ambition est claire : étendre cette reconnaissance à d’autres sites et mobiliser davantage de financements additionnels. « Avec le système de gestion mis en place, nous sommes conformes aux standards internationaux », a affirmé Tondossama Adama, déterminé à consolider la viabilité écologique et économique du réseau.

Au nom du Conseil régional de la Nawa, son président, Djiré Guiropo, a salué l’importance stratégique de ces assises. Il a rappelé que la Nawa, première région productrice de cacao, doit une part de sa prospérité aux services écosystémiques rendus par l’espace Taï. « Développement économique et conservation ne sont pas opposés, mais profondément complémentaires », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de la collectivité aux côtés de l’OIPR.

Représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, le Directeur de cabinet Kouadio Parfait a transmis les salutations du ministre Aboubacar Bamba, empêché pour des raisons d’agenda présidentiel. Il a inscrit ces journées dans la vision du Président Alassane Ouattara, qui fait de la transition écologique un pilier du développement national. Il a salué « les performances remarquables » de l’OIPR, notamment l’extension du réseau des aires protégées et le renforcement des dispositifs de gouvernance.

La séquence technique du COD a permis de passer en revue le bilan des activités 2025, l’exécution budgétaire et la planification 2026, avant des échanges modérés par le Directeur général. Moment fort de la journée, l’arrosage des galons des agents promus en 2025 et 2026 a symbolisé la reconnaissance du mérite et la valorisation des ressources humaines.

En clôture, le Directeur général de l’OIPR a appelé à « cultiver l’excellence » et à faire de 2026 « une étape décisive » pour la consolidation des acquis. Quant au Directeur de cabinet, il a réaffirmé l’appui constant de l’État à l’institution de conservation de la nature. À Soubré, l’OIPR a ainsi affiché sa détermination à faire des aires protégées ivoiriennes une référence internationale en matière de gouvernance durable.

Kindo Ousseny

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