Dans une atmosphère à la fois solennelle et festive, le dîner gala de la 10ᵉ édition des Journées des gestionnaires des parcs nationaux et réserves a tenu toutes ses promesses. Organisée par l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), la soirée a été marquée par deux temps forts : la célébration des agents admis à la retraite et la distinction des meilleurs éléments de l’institution. Entre reconnaissance, engagements renouvelés et perspectives ambitieuses, la famille de la conservation s’est retrouvée autour des valeurs d’excellence et de solidarité.

Ouvrant la séquence protocolaire, Bamba Massandjé, porte-parole des agents, a exprimé la gratitude du personnel à l’endroit du Directeur général, saluant « la qualité du management et le succès du parcours » de l’institution. Sous l’impulsion du Conservateur général Tondossama Adama, le réseau des aires protégées a gagné en crédibilité, attirant de nouveaux partenaires techniques et financiers. Une dynamique qui témoigne, selon elle, de la confiance renouvelée envers l’OIPR et son engagement en faveur de la biodiversité ivoirienne.
La représentante des agents a rappelé les avancées majeures enregistrées ces dernières années, notamment l’augmentation du nombre de sites bénéficiant de financements durables. De seulement deux parcs financés en 2011, le réseau est passé à quatorze aujourd’hui. Elle a également souligné l’inscription de trois sites au prestigieux label international des « Sites verts », positionnant la Côte d’Ivoire comme pionnière en Afrique de l’Ouest et centrale. « Nous voulons vous rassurer de notre ferme engagement à œuvrer avec professionnalisme pour la préservation de nos aires protégées », a-t-il affirmé.

Prenant la parole, le Directeur général de l’OIPR, le Conservateur général Tondossama Adama, a dressé un bilan lucide mais encourageant. « Nous sommes partis de très loin. Nous ne sommes pas encore arrivés, mais nous avons fait un grand pas », a-t-il déclaré. L’institution, qui gérait 14 aires protégées il y a quelques années, en supervise désormais 19, avec des responsabilités élargies, notamment dans le domaine des aires marines protégées. Une évolution qui impose, selon lui, un renforcement continu des capacités et de la rigueur.
Sur le plan social, le DG a évoqué les efforts consentis pour améliorer les conditions des agents. Les primes journalières de patrouille sont passées de 3 000 à 7 000 francs CFA, voire 14 000 francs pour les missions d’envergure. Quinze véhicules ont également été acquis cette année pour renforcer la mobilité des équipes. « Ce n’est pas suffisant, mais nous continuons les discussions pour faire mieux », a-t-il assuré, rappelant que la persévérance demeure la clé en matière de conservation.

La soirée a également été l’occasion de magnifier le mérite. Sous la coordination de la direction des ressources humaines, les meilleurs agents de l’OIPR ont été distingués pour leur discipline, leur abnégation et leurs performances exceptionnelles. Chacun a reçu un ordinateur portable, symbole d’encouragement et d’investissement dans la modernisation du travail. Une séquence saluée par des applaudissements nourris et une émotion palpable dans la salle.
Mais le moment le plus émouvant de la soirée fut sans doute l’hommage rendu aux retraités. Représentés par le Commandant Ayébi Ayebi Théophile, ils ont exprimé leur « profonde gratitude » pour cette reconnaissance. « Servir la nature était bien plus qu’un métier, c’était une vocation », a-t-il confié, évoquant les longues missions en forêt, les nuits de surveillance et les victoires silencieuses remportées pour la sauvegarde du patrimoine naturel. L’assistance leur a réservé une ovation soutenue, chargée d’émotion.
Clôturant le gala au nom du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, le Directeur de cabinet, Parfait Kouadio, a salué les résultats obtenus grâce à l’esprit d’équipe. « Quand on est seul, on va vite. Quand on est plusieurs, on va loin », a-t-il rappelé, réaffirmant le soutien constant du ministère. Il a félicité les retraités pour leur contribution durable, soulignant que la conservation profite aujourd’hui à toute la nation face aux défis climatiques.
Au-delà des discours et des distinctions, cette 10ᵉ édition aura surtout mis en lumière l’âme d’une institution engagée. Entre mémoire entretenue et ambition renouvelée, l’OIPR démontre que la protection des aires protégées repose autant sur la compétence que sur la reconnaissance des femmes et des hommes qui y consacrent leur vie. Une soirée de Saint-Valentin placée sous le signe de l’amour de la nature et du service public.
Kindo Ousseny
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