Badikaha/ Incursion d’éléphants : Les populations sensibilisées à la préservation des habitats naturels

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Conflit homme-faune. Confrontées à la destruction de leurs cultures et à un sentiment d’insécurité, les populations de Badikaha, dans le département de Nikaramandougou (région du Hambol), ont pris part, le mardi 6 octobre 2026, à une séance de sensibilisation à la sous-préfecture. Au cœur des échanges : un appel à la responsabilité collective lancé par le lieutenant-colonel N’Drin N’Drin Ehie, chef de secteur de la Réserve de faune et de flore du Haut Bandama, en faveur d’une cohabitation plus apaisée entre les communautés et les pachydermes.

Dans la salle de la sous-préfecture, l’inquiétude des producteurs était palpable. Pour eux, les incursions d’éléphants dans les exploitations agricoles ne sont pas un simple désagrément : elles anéantissent des récoltes entretenues avec patience et fragilisent les moyens de subsistance des familles. Plusieurs intervenants ont témoigné des dégâts subis, de la peur d’aller aux champs et du sentiment d’impuissance face à des animaux capables de ravager une plantation en quelques instants. La récente agression d’un jeune homme de 24 ans par un éléphant, dont l’état de santé évolue favorablement, a ravivé ces craintes.

Présidant la rencontre, le sous-préfet de Badikaha, KONAN N’gotta Eloge a accueilli les populations ainsi que les services techniques mobilisés autour de cette problématique. Le directeur régional des Eaux et forêts du Gbêkê, le colonel Banga Anvoh Jules Anicet, a insisté sur l’importance d’une cohabitation apaisée. Il a rappelé que la protection des éléphants est encadrée par des dispositions légales strictes et que la prévention exige des comportements responsables face à ces animaux.

Prenant la parole à son tour, le lieutenant-colonel N’Drin N’Drin Ehie a exprimé sa compassion et sa solidarité aux populations éprouvées. Pour la responsable de l’OIPR dans la zone, comprendre le phénomène est indispensable pour trouver des solutions durables. Elle a rappelé qu’en 2016 puis en 2024, des troupeaux d’éléphants avaient été observés dans la Réserve de faune et de flore du Haut Bandama, avant de quitter cet espace, notamment sous l’effet de la pression humaine sur leur habitat.

« Nos empiètements sur les espaces naturels finissent par nous rattraper », a-t-elle averti. Cette formule met en lumière l’une des racines du conflit homme-faune : la perte de tranquillité des habitats naturels. La présence de troupeaux de bovins, l’extension des terres agricoles, le braconnage et l’orpaillage clandestin comptent parmi les pressions qui perturbent le milieu de vie des animaux sauvages et peuvent les pousser vers les zones habitées et cultivées. A entendre le chef secteur de l’OIPR, l’enjeu est désormais de concilier la sécurité des personnes, la préservation des moyens de subsistance et la protection de l’éléphant, animal emblématique de la Côte d’Ivoire.

Le chef de cantonnement des Eaux et Forêts de Niakara, le lieutenant Ablo N’Drin Albert Stéphane, a pour sa part présenté les causes du phénomène, le cadre juridique de protection des éléphants et les précautions à prendre en cas d’incursion. Il a également abordé les méthodes de refoulement douces, les pratiques agricoles adaptées et la conduite à tenir lorsque des dégâts sont constatés. Le commandant Coulibaly Hogban, directeur départemental des Eaux et forêts de Katiola, a lui aussi prodigué des conseils aux populations, tandis que le chef central de Badikaha les a exhortées à suivre les recommandations formulées.

Au terme des échanges, le sous-préfet a officiellement installé des comités locaux de veille, chargés de faciliter l’alerte et la prévention des conflits. Les populations ont été invitées à éviter toute confrontation directe avec les éléphants, à ne pas les poursuivre ni à les encercler, et à signaler rapidement leur présence aux services compétents.

À Badikaha, cet équilibre passe par une vigilance collective et un dialogue permanent entre les communautés et les services de l’État.

Kindo Ousseny

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