Du 16 au 18 mai 2025, la ville de Man a accueilli la toute première édition du Festival Ivoirien des Films Tradi-modernes (FIFT), une initiative culturelle inédite dédiée à la promotion du cinéma enraciné dans les traditions ivoiriennes. Placé sous le thème : « Règlement des conflits, cohésion sociale et paix », l’événement a rassemblé cinéastes, autorités locales, leaders communautaires et passionnés du septième art.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée dans une ambiance empreinte de culture et de spiritualité, avec une visite guidée de la Fondation Koble des Mandé du Sud. Conduits par le chef Oulai Tia, directeur général de la fondation, les festivaliers ont pu découvrir les richesses culturelles du peuple Dan et s’imprégner de l’histoire de la ville de Man.
Le périple culturel s’est poursuivi à Gbèpleu, où les participants ont reçu la bénédiction des autorités traditionnelles avant de se rendre dans la forêt sacrée des singes, site emblématique de la spiritualité Dan.

La matinée du samedi a été consacrée à un panel de haut niveau autour de la thématique du festival. Animé par des experts du ministère de la Culture, Mamadou Camara — préfet à la retraite et fondateur de la Fondation Koble — ainsi que le cinéaste et acteur Kima Ange Traoré, ce moment d’échange a permis de poser les bases d’une réflexion approfondie sur les conflits fonciers et leur résolution par le dialogue culturel.
Dans la soirée, place à la compétition cinématographique. Deux films étaient en lice : Wongbi des cinéastes de Man et Zakanta de Zouhan-Hounien. Les œuvres ont été projetées devant un jury composé de professionnels du cinéma, de chefs traditionnels et de réalisateurs, sous la présidence du réalisateur-scénariste Olivier Koné. C’est le film Wongbi qui a séduit tant le jury que le public. À travers l’histoire d’un conflit foncier entre un autochtone et un étranger, le film met en lumière la complexité des tensions liées à la terre tout en valorisant les mécanismes traditionnels de médiation.

Le dimanche 18 mai, la clôture du festival a été marquée par la Nuit des Contes et Légendes, une soirée immersive dédiée aux récits oraux. La troupe West Art a transporté le public dans l’univers mythologique Dan, à travers des contes captivants célébrant la paix, la solidarité et l’unité. La piscine municipale de Man a fait le plein pour cette veillée culturelle qui restera gravée dans les mémoires.
Pour Hounsey Kouami Boniface, commissaire général du festival, l’objectif du FIFT est clair : « Susciter le débat en mettant en lumière les conflits fonciers et leur impact sur la cohésion sociale, tout en proposant des pistes de solution à travers le dialogue, la tradition et le cinéma. » Il a également souligné l’importance de valoriser les langues et les cultures locales par le biais du 7e art.
Le rendez-vous est donc pris pour la deuxième édition du FIFT, qui s’annonce déjà comme un moment fort du calendrier culturel régional.
Organisé par Tonkpi Ciné+, le FIFT est une plateforme culturelle novatrice qui vise à valoriser le patrimoine immatériel ivoirien à travers le cinéma. Il offre un espace d’expression aux cinéastes locaux, encourage la création en langues nationales et aborde des thématiques sociétales profondes telles que les conflits fonciers, la cohabitation intercommunautaire et la préservation des valeurs traditionnelles. Avec cette première édition réussie, le festival s’installe comme un vecteur de paix et de cohésion sociale en pays Dan et au-delà.
Doumbia Seydou Badian
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