Santé sexuelle et prévention des avortements à risque: GRIFARM renforce la sensibilisation à Ziogouiné

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La sous-préfecture de Ziogouiné a accueilli, le mercredi 19 novembre 2025, une importante rencontre de sensibilisation à l’endroit des personnes en situation de handicap et des populations. L’initiative est portée par le Groupe Rehoboth pour l’insertion des femmes aveugles de la région des Montagnes (GRIFARM) dans le cadre de deux projets entièrement financés par le Fonds mondial pour les femmes et MAMA Network, deux partenaires engagés dans la promotion des droits en santé sexuelle et reproductive et dans la lutte contre les avortements non sécurisés, cause majeure de mortalité maternelle en milieu rural.

La présidente fondatrice de GRIFARM, Keï Bah Yao Clarisse, a expliqué que la rencontre réunissait chefs traditionnels, guides religieux, matrones, présidents des jeunes, leaders féminins et personnes en situation de handicap de la sous-préfecture. Selon elle, l’objectif principal était de présenter les projets financés, informer les populations sur leurs droits en santé sexuelle et reproductive, mais aussi recueillir les réalités et difficultés des femmes concernées afin d’orienter les prochaines actions.

Au cours des échanges, plusieurs participantes ont livré des témoignages poignants. Elles ont évoqué la pauvreté extrême, l’absence de moyens pour assurer la nutrition et la scolarisation de leurs enfants, le rejet social, la discrimination quotidienne, les grossesses non reconnues ou encore les difficultés liées à l’obtention d’actes de naissance pour leurs enfants. Ces récits ont mis en exergue la vulnérabilité accrue des femmes handicapées, souvent livrées à elles-mêmes et peu informées sur leurs droits.

Dans son animation, Keï Bah Yao Clarisse a délivré des conseils pratiques sur l’éducation complète à la sexualité et la prévention des avortements non sécurisés. Elle a encouragé les femmes à solliciter les agents de santé ou les matrones avant toute décision liée à leur sexualité, à privilégier le dialogue en famille en cas de difficulté, et à mieux connaître les méthodes de protection contre les grossesses non désirées et les infections. Elle a également recommandé d’impliquer davantage les jeunes filles handicapées dans les séances d’information pour renforcer leur autonomie.

Concernant la prévention de l’avortement à risque, la présidente du GRIFARM a insisté sur l’importance de se rendre systématiquement dans un centre de santé en cas de grossesse non désirée, d’éviter les pratiques clandestines et de chercher l’accompagnement des leaders communautaires ou des agents de santé pour une orientation adéquate. Elle a rappelé que des dispositifs d’écoute et d’accompagnement existent et que les femmes doivent être informées de leurs droits.

Les participants ont, pour leur part, plaidé pour un renforcement de l’autonomisation économique des femmes handicapées, notamment à travers des projets d’activités génératrices de revenus. Selon eux, offrir davantage d’opportunités économiques contribuerait à réduire leur vulnérabilité et leur dépendance financière.

GRIFARM a annoncé que les actions de sensibilisation se poursuivront dans d’autres localités du Tonkpi, accompagnées de plaidoyers auprès des autorités administratives ainsi que des leaders communautaires et religieux, afin de définir les priorités des projets soutenus par les bailleurs.

La rencontre de Ziogouiné marque ainsi une étape décisive dans la mise en œuvre de ces initiatives financées par le Fonds mondial pour les femmes et MAMA Network, et ouvre la voie à un programme de sensibilisation élargi en faveur des femmes en situation de handicap dans la région des Montagnes.

Doumbia SEYDOU Badian

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