Bouaké: Le CNRA renaît grâce au PDC2V et se modernise en profondeur

Temps de lecture : 3 minutes

Le Centre national de recherche agronomique (CNRA) de Bouaké vit une transformation sans précédent. Au cœur de cette métamorphose, le Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Vivrières (PDC2V), financé par l’État de Côte d’Ivoire avec l’appui de la Banque mondiale, multiplie les investissements pour faire du vivrier le moteur de la souveraineté alimentaire nationale. Entre réhabilitation, modernisation et équipement scientifique de pointe, le centre se prépare à retrouver son rang de référence en Afrique de l’Ouest. Le constat a été fait le jeudi 19 novembre dernier par une équipe technique du PDC2V.

Sur la Station de recherche sur les cultures vivrières (SRCV), les travaux en cours témoignent de l’ambition portée par le PDC2V. Un bâtiment R+3 flambant neuf s’élève progressivement, tandis qu’un bâtiment R+1 totalement réhabilité accueillera bientôt la direction régionale du CNRA. À cela s’ajoutent près de 3 kilomètres de voirie interne bitumée, un système d’éclairage public moderne, une nouvelle installation d’irrigation performante et la clôture complète du site, qui s’étend sur plus de 100 hectares. Autant d’infrastructures destinées à offrir un cadre de recherche optimal pour les scientifiques.

La modernisation du centre va au-delà des bâtiments. Le PDC2V équipe les laboratoires en matériel scientifique de dernière génération, indispensable pour rehausser le niveau de la recherche agricole nationale. Dans le village de Kongodékro, la Station de recherche sur la pêche aquacole et continentale (SRPAC) bénéficiera elle aussi d’une réhabilitation complète. Avec plus de 2,5 milliards de francs CFA mobilisés, les travaux qui démarreront début décembre 2025 permettront d’installer des équipements technologiques déjà acquis. Un investissement majeur pour relancer une filière stratégique pour l’économie alimentaire.

Pour les chercheurs du CNRA, ce vent de renouveau est un véritable soulagement et une immense source de motivation. « Ces nouvelles infrastructures changent complètement notre cadre de travail et redonnent espoir à toute la communauté scientifique », confie le Dr Essis Brice, chercheur au centre. Pour lui, cette métamorphose marque « une renaissance pour la recherche agronomique ivoirienne » et un bond en avant équivalant à « 50 ans dans la vie du CNRA ».

Le nouveau bâtiment du centre abritera plusieurs laboratoires hautement spécialisés, véritables moteurs du développement scientifique. Un laboratoire Défense des cultures permettra d’approfondir la lutte contre les maladies, insectes et nématodes qui affectent les cultures vivrières. Un laboratoire d’amélioration génétique favorisera la création de variétés plus productives et résistantes, tandis qu’un autre, dédié aux cultures in vitro, offrira les moyens d’assainir des plantes infectées par des virus. Un laboratoire d’agronomie et de physiologie végétale complètera le dispositif pour mieux comprendre le fonctionnement des plantes et optimiser les rendements agricoles. « Grâce aux équipements fournis par le PDC2V, nos capacités d’analyse et d’expérimentation seront multipliées », assure le Dr Essis Brice, convaincu que Bouaké deviendra « un centre de référence en Afrique de l’Ouest ».

Cette renaissance est d’autant plus symbolique que le CNRA de Bouaké sort de plusieurs années extrêmement difficiles. L’institution avait été lourdement frappée pendant la crise militaro-politique : laboratoires détruits, matériel disparu, bâtiments dégradés. Malgré les conditions précaires, les chercheurs avaient maintenu leurs activités avec un engagement remarquable, contribuant à préserver l’essentiel de la recherche agricole ivoirienne. Aujourd’hui, les investissements massifs du PDC2V, conjugués au soutien constant du gouvernement et de la Banque mondiale, ouvrent une nouvelle ère faite de modernisation et d’autonomie scientifique.

Au-delà des infrastructures, ce chantier ambitieux s’inscrit pleinement dans les objectifs du Programme national d’investissement agricole de deuxième génération (PNIA 2), dont l’ambition est de renforcer les filières vivrières, booster la productivité et développer des solutions locales face aux enjeux alimentaires. En soutenant la recherche et l’innovation, le PDC2V contribue à poser les bases d’une sécurité alimentaire durable, à créer de nouveaux emplois agricoles et à valoriser l’expertise ivoirienne dans un domaine stratégique.

À terme, le CNRA de Bouaké s’affirme comme un pôle scientifique régional d’envergure, capable de relever les défis agricoles actuels et futurs. Grâce à cette renaissance orchestrée par le PDC2V, la Côte d’Ivoire consolide son engagement en faveur d’une agriculture performante, durable et souveraine. Une dynamique prometteuse qui offre un souffle nouveau à la recherche vivrière nationale.

Kindo Ousseny

Loading

Partager, c'est aimer!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *