La salle des mariages de la mairie de Sipilou a accueilli, le vendredi 6 février 2026, la célébration de la Journée internationale de tolérance zéro en matière de mutilations génitales féminines (MGF), organisée par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH).

Cette session publique de sensibilisation, axée sur les violences basées sur le genre, vise à interpeller les populations sur les dangers de l’excision et à encourager un changement durable des mentalités dans une zone encore touchée par cette pratique.
Ouvrant la série d’allocutions, Dame Lah Suzanne, représentante du maire de Sipilou, a salué la présence de la délégation venue de Man. « Nous vous souhaitons la cordiale bienvenue dans notre commune et remercions le CNDH pour le choix porté sur Sipilou », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de la sensibilisation communautaire pour faire évoluer les pratiques. Elle a invité les participants à s’approprier les messages qui seront délivrés tout au long de la séance.

Prenant la parole au nom du président de la commission régionale, l’officier des droits de l’homme Koné Méhiri Franck Bienvenu a rappelé le contexte de cette célébration. « Malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et le renforcement du cadre légal, certaines zones restent en proie aux MGF qui sont encore perçues comme une tradition », a-t-il expliqué. Selon lui, le choix de Sipilou vise à « dire aux populations les risques qu’elles encourent en maintenant ces pratiques » et à promouvoir une prise de conscience collective.
L’allocution d’ouverture a été prononcée par le préfet du département, N’guessan Émile Kouassi, qui a remercié le CNDH pour son déplacement. « Ce n’est pas toujours que des structures viennent jusqu’à nous à cause de la distance et de l’état de la route », a-t-il confié, avant d’insister sur la nécessité d’abandonner certaines pratiques. « L’excision est interdite, ce n’est plus une question de coutume. Nous sommes dans une République et chacun doit respecter la loi », a-t-il martelé, appelant les femmes à s’engager résolument contre les MGF.
La phase de communication a débuté avec l’intervention du directeur du centre social de Sipilou, Kouassi Bénié, qui a présenté les généralités sur les MGF et leurs conséquences. « Ces pratiques exposent les jeunes filles à de graves complications physiques et psychologiques », a-t-il expliqué, avant la projection d’images illustrant les dommages causés par l’excision. Cette séquence a suscité de nombreuses réactions au sein de l’assistance, composée notamment de femmes, de jeunes et de leaders communautaires.

Abordant ensuite le cadre légal, l’officier des droits de l’homme en charge du département de Sipilou a rappelé les sanctions prévues par la loi ivoirienne contre les auteurs et complices des MGF. L’officière des droits de l’homme Koffi Blé Roseline, responsable du département de Biankouma, a pour sa part lancé un appel direct aux femmes : « Tournez définitivement le dos à cette pratique. Beaucoup de femmes et de fillettes en paient le prix par des maladies graves ou la stérilité ».
À l’issue des échanges, plusieurs participants ont exprimé leur gratitude envers le CNDH et ont pris l’engagement d’abandonner les pratiques dénoncées. Clôturant la séance, le préfet a rappelé avec fermeté : « Respectons les lois de la République, car la tolérance zéro commence ici ». Cette activité, qui a enregistré la participation de 102 personnes, s’inscrit dans une dynamique nationale visant à éradiquer les mutilations génitales féminines et à renforcer la protection des droits des femmes et des jeunes filles dans le Tonkpi.
Kindo Ousseny
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