Le stade Christian Dehoulé de la cour de la Préfecture de Police de Man a vibré d’émotion et de solennité à l’occasion de la cérémonie d’hommage aux fonctionnaires admis à faire valoir leurs droits à la retraite au 31 décembre 2025. Le lundi 16 février 2026, autorités administratives, forces de défense et de sécurité, partenaires institutionnels et familles ont répondu présents pour célébrer quinze serviteurs de la nation, après de longues années consacrées à la protection des personnes et des biens.

Dans son mot de bienvenue, le président du comité d’organisation, le commissaire principal Goré Gbayéré, préfet de police adjoint, a salué « ces valeureux collaborateurs qui ont combattu le bon combat et achevé leur mission avec loyauté ». Au nom du préfet de police, il a exprimé la gratitude de l’institution et sollicité l’indulgence de l’assistance pour les éventuelles imperfections de l’organisation, rappelant qu’« aucune œuvre humaine n’est parfaite ». Une entrée en matière empreinte d’humilité et de fraternité.
Prenant la parole au nom de la CGRAE, Gué Alain Giscard, chef de service Réclamations et requêtes, représentant le directeur régional, a félicité l’initiative de la hiérarchie policière. « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas simplement la fin d’un parcours administratif, mais une vie de sacrifices, de nuits blanches et de risques maîtrisés », a-t-il déclaré. Il a invité les retraités à envisager cette nouvelle étape comme une « retraite active », en valorisant leurs compétences.

Le représentant de la CGRAE a également encouragé les agents encore en service à préparer sereinement leur avenir, notamment à travers les dispositifs complémentaires de pension. Il a rappelé l’existence de plateformes dédiées à la valorisation des compétences des seniors, afin de permettre aux jeunes générations de bénéficier de l’expérience accumulée par leurs aînés. Un message pédagogique, mêlant reconnaissance et projection vers l’avenir.
Moment fort de la cérémonie, l’allocution du préfet de police de Man, le commissaire divisionnaire major Etien N’Guessan, a profondément marqué l’assistance. Avec sincérité, il a partagé une anecdote personnelle sur les sacrifices imposés par le métier, évoquant les reproches de son jeune fils face aux absences répétées liées aux exigences du service. « Ils sont là sous les intempéries, même quand les autres cherchent un abri », a-t-il rappelé, soulignant le caractère sacerdoce de la fonction policière.

S’adressant aux retraités, il les a exhortés à profiter du temps retrouvé : « Allez-vous occuper de vous-mêmes, de vos familles, de vos épouses qui ont tant souffert dans l’ombre. » Tout en appelant les plus jeunes à préserver l’héritage professionnel transmis, il a insisté sur la nécessité d’un engagement constant et d’un professionnalisme irréprochable au service des populations et de la République.
La mise en place des récipiendaires a ensuite donné lieu à une séquence solennelle. Appelés nominativement, les quinze policiers ont reçu un diplôme d’honneur, une statuette de l’éléphant – emblème de la République – ainsi qu’une enveloppe symbolique. Fait marquant, la préfecture de police a également revêtu ses retraités de tenues d’apparat de chef traditionnel Dan, en hommage à l’ancrage culturel de la région et à la dignité de leur parcours. Les flashes des photographes ont immortalisé ces instants de reconnaissance.
Au nom des récipiendaires, le lieutenant Baba Coulibaly, porte-parole des retraités, a demandé une minute de silence en mémoire des collègues disparus. Visiblement ému, il a remercié la hiérarchie pour cette marque d’estime et assuré que les retraités resteront disponibles pour partager leur expérience. « Restez à l’écoute de votre hiérarchie », a-t-il conseillé aux agents en activité, les invitant à la discipline et à la dignité face aux défis du terrain.
Clôturant la phase protocolaire, le secrétaire général 1 de la préfecture, Stéphane Guiriga, représentant le préfet de la région du Tonkpi, a salué des « hommes qui ont consacré l’essentiel de leur vie au service de la nation ». Il a rappelé que la retraite n’est ni une mise à l’écart ni un effacement, mais la reconnaissance d’un parcours accompli avec honneur. La cérémonie s’est achevée par un repas de cohésion, dans une atmosphère de fraternité. À Man, la République a su dire merci à ses serviteurs.
Kindo Ousseny
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