Un épais nuage de fumée et des flammes dévorantes ont brusquement troublé la quiétude de Zouan-Hounien dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 février 2026. Le maquis « No Comment », situé au quartier Carrefour Kangbeville, aux 3 Kolatiers, est parti en fumée en quelques heures. Si aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, le choc reste immense pour le propriétaire et les riverains, face à des dégâts matériels estimés à plus de 20 millions de FCFA.

Il est environ 2h40 du matin lorsque Jean-Marc Saï, gérant des lieux, ferme son établissement après une soirée ordinaire. Le personnel libéré, quelques clients raccompagnés, il regagne son domicile sans se douter du drame imminent. « À peine arrivé à la maison, moins de quarante minutes plus tard, ma caissière m’a appelé pour me dire que le maquis était en feu », confie-t-il, encore marqué par les événements.
De retour précipitamment sur les lieux, le constat est glaçant. Les flammes ont déjà pris possession de l’espace. « Tout était déjà parti à près de 80 %. Je ne pouvais même pas m’approcher. Le maquis était fermé avec des cadenas, il n’y avait aucun moyen de sauver quoi que ce soit », déplore-t-il. Devant lui, les installations, fruit de longs mois d’efforts, s’effondrent sous l’effet de la chaleur.

Alertée à 4h55, l’équipe d’urgence et de secours de la mine d’Ity (ERT – Emergency Rescue Team) intervient rapidement. Sous la conduite de son officier, Stéphane Bolizo, les secours s’emploient à circonscrire l’incendie pour éviter qu’il ne se propage aux habitations voisines. Dans ce quartier à forte proximité des constructions, la menace d’un embrasement généralisé était bien réelle.
Selon les premières constatations faites sur place, l’origine du sinistre serait électrique. « Nous avons constaté que deux câbles de haute tension situés au-dessus du maquis ont cédé, ce qui a provoqué l’embrasement de l’établissement », explique Stéphane Bolizo. Une défaillance qui aurait transformé en brasier cet espace de détente bien connu des habitants.
La mobilisation rapide des secours a permis de contenir les flammes, évitant ainsi un drame plus large. Les autorités locales, dont le maire, des agents municipaux et des éléments de la police, se sont rendus sur les lieux pour constater l’ampleur des dégâts et soutenir le propriétaire sinistré.

Au lever du jour, le décor est celui d’un champ de ruines. Charpente calcinée, tôles tordues, appareils réduits à l’état de carcasses noircies. Jean-Marc Saï estime ses pertes entre 20 et 21 millions de FCFA. « J’avais investi dans la rénovation, installé du matériel de sonorisation et d’éclairage, plusieurs télévisions, des fauteuils, des réfrigérateurs et aménagé un espace VIP », détaille-t-il, la voix lourde.
Ouvert depuis plus d’une décennie, le maquis « No Comment » avait été repris en novembre 2024 par l’actuel propriétaire, qui y avait engagé d’importants travaux de modernisation. En peu de temps, l’établissement s’était imposé comme un lieu prisé de détente et de convivialité à Zouan-Hounien.
Aujourd’hui, il ne reste que des cendres et de nombreuses interrogations. Si le pire a été évité sur le plan humain, la reconstruction s’annonce incertaine pour le promoteur, confronté à un lourd préjudice financier. Dans la commune, cet incendie relance aussi la question de la sécurisation des installations électriques, afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise.
Kindo Ousseny
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