Parc national du Mont Sangbé : L’OIPR mobilise Gouané contre le braconnage

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Le vendredi 06 février 2026, l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) a conduit une séance de sensibilisation de proximité dans le village de Gouané, sous-préfecture de Gouiné. L’activité s’est tenue sous la conduite du chef secteur Sangbé 1, le lieutenant Yaya Koné, avec l’appui du chef des Dozo du département de Biankouma, Sidibé Brahima.

La rencontre a enregistré la participation active de la chefferie villageoise, des leaders religieux, des chefs de communautés, des associations de jeunes et de femmes ainsi que des représentants de la confrérie des Dozo. Au total, 58 personnes, dont six femmes, ont pris part à cette importante séance, dont l’objectif principal était de promouvoir un changement durable de comportement en faveur de la préservation du parc.

Au cours de son intervention, le lieutenant Yaya Koné a présenté le Parc national du Mont Sangbé, en mettant en lumière ses richesses fauniques et floristiques, ses potentialités touristiques et les nombreux services écosystémiques qu’il offre aux populations riveraines. « Le parc fournit des services essentiels aux populations », a-t-il expliqué.

Le chef secteur a notamment évoqué la contribution du parc à l’approvisionnement en eau de plusieurs régions, au soutien de la productivité agricole et à la régulation du climat, un facteur clé pour une agriculture durable. Il a également souligné les opportunités d’emplois offertes aux jeunes. « Certains sont recrutés pour le suivi écologique et les activités de surveillance », a-t-il indiqué, avant de rappeler l’importance de l’éducation environnementale et des activités récréatives.

La question du braconnage a occupé une place centrale dans les échanges. Les participants ont été sensibilisés aux risques sanitaires liés à la manipulation de la faune sauvage. Le lieutenant Koné a cité, entre autres, la variole du singe et Ebola. « La manipulation de la faune sauvage expose à des maladies graves », a-t-il averti, qualifiant le braconnage de menace majeure pour la santé publique et la biodiversité.

L’officier a par ailleurs rappelé les sanctions prévues par la loi de 2002 relative à la création, à la gestion et au financement des parcs nationaux et réserves naturelles. « La loi reste la loi », a-t-il insisté, tout en évoquant les conséquences sociales, notamment le déshonneur, auxquelles s’exposent les auteurs de ces actes illégaux.

Un message ferme a été adressé à certains membres de la confrérie des Dozo, soupçonnés de pratiquer le braconnage dans la partie sud du parc, notamment dans les zones de Tompoudié, Guiané, Sorba et Kangolo. « Ces agissements n’honorent pas la confrérie », a déclaré le chef secteur.

Prenant la parole, le chef des Dozo du département de Biankouma, Sidibé Brahima, a exprimé son mécontentement. « Je demande l’arrêt total de la chasse dans le parc », a-t-il lancé, rappelant que la confrérie ne se limite pas à la chasse. Il a exhorté ses membres à changer d’attitude et a salué les actions de sensibilisation de l’OIPR. « Merci pour votre sens élevé du devoir », a-t-il affirmé.

En réponse, le lieutenant Yaya Koné a remercié le chef Dozo pour son engagement et invité l’ensemble des participants à s’approprier les messages diffusés. « J’espère que nous nous sommes compris », a-t-il déclaré, en insistant sur la responsabilité collective dans la protection du patrimoine naturel.

En fin de séance, le chef secteur a présenté le concours Prix vert 2026, initié par la Direction de zone Ouest de l’OIPR. Il a précisé que l’évaluation des villages avait déjà commencé et que « les villages seront jugés sur des critères précis », avant d’indiquer que les résultats seront proclamés par le Comité de gestion locale du Parc national du Mont Sangbé (CGL-PNMS).

La rencontre s’est achevée dans une ambiance conviviale, marquée par des engagements forts. Les Dozo présents ont promis d’abandonner la chasse illégale, tandis que les autorités locales ont salué la démarche. « Protéger le parc, c’est protéger notre avenir », a conclu le lieutenant Yaya Koné, convaincu que cette sensibilisation contribuera à renforcer durablement la protection du Mont Sangbé.

Kindo Ousseny

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