La lutte contre le braconnage s’intensifie autour du Parc national du Mont Sangbé. Le mardi 24 février 2026, le village de Kokehalo a accueilli une mission de sensibilisation conduite par le Chef Secteur Mont Sangbé 1, le Lieutenant Yaya Koné, sur instruction du Directeur de Zone Ouest de l’OIPR, le Colonel Zannou Moïse. Objectif : rappeler aux populations riveraines les enjeux cruciaux liés à la préservation de cette aire protégée, confrontée à la menace persistante du braconnage.

Au total, 51 participants ont pris part à la rencontre, dont trois chefs de village, cinq chefs de quartier, un président de jeunes, une représentante des associations féminines ainsi que trois représentants de la confrérie dozo, dont leur chef local. Après les civilités d’usage, une évaluation participative a permis de mesurer le niveau de connaissance des riverains sur le parc. Trois personnes, dont une femme, se sont prêtées à l’exercice. Il en est ressorti que « les populations ont une bonne connaissance du Parc et des règles qui l’encadrent ».
Prenant la parole, plusieurs intervenants ont retracé l’historique de la création de Kokehalo, en lien avec le déguerpissement des populations du parc. Ils ont exprimé leur reconnaissance à l’Office ivoirien des parcs et réserves pour l’accompagnement dont bénéficie le village depuis sa relocalisation. « Nous remercions l’OIPR pour la construction du village et pour les projets communautaires réalisés à notre profit », ont-ils déclaré, avant d’énumérer les activités interdites dans le parc et les sanctions prévues par la loi contre les contrevenants.

Dans son adresse, le Lieutenant Yaya Koné a mis un accent particulier sur les ravages du braconnage. « Le braconnage entraîne la perte de la diversité biologique, la disparition d’espèces animales et la réduction des potentialités touristiques », a-t-il averti. Il a également évoqué les risques de propagation de maladies zoonotiques et l’impact négatif de cette pratique sur le développement de l’écotourisme, présenté comme « la meilleure alternative de financement durable pour la gestion du parc et le développement socio-économique des communautés riveraines ».
Le Chef Secteur Mont Sangbé 1 a insisté sur le rôle déterminant des aires protégées dans la lutte contre le changement climatique. Selon lui, le parc contribue au maintien d’un microclimat favorable à l’agriculture, à l’éducation environnementale et à l’amélioration des conditions de vie. Toutefois, il a dénoncé « le comportement de certains riverains, notamment des dozo, qui continuent de s’adonner au braconnage en toute connaissance des conséquences ». Il les a appelés à un changement de comportement afin de préserver « l’intégrité et les fonctions écologiques » du parc.

La séance a également été marquée par un point sur le concours « Prix vert 2025 », au terme duquel Kokehalo a été classé deuxième meilleur village de la périphérie du parc. « Le Directeur de Zone Ouest vous félicite pour cet engagement », a transmis le Lieutenant Yaya Koné. Doté d’une enveloppe d’un million de FCFA, ce prix est destiné à financer un projet ayant un impact positif sur la gestion du parc. Après concertation, les populations ont décidé, à l’unanimité, d’investir dans l’acquisition de bâches et de chaises pour les cérémonies communautaires et les activités de sensibilisation, avec possibilité de location pour générer des ressources en vue d’autres projets.
En clôture, le Chef Secteur a informé les participants de la prochaine édition du concours « Prix vert 2026 ». Bien que le lancement officiel ne soit pas encore intervenu, il a précisé que l’évaluation des villages a déjà débuté et se poursuivra jusqu’à la proclamation des résultats par le Comité de gestion locale du parc. « Les critères de participation seront rappelés dès validation des termes de référence », a-t-il conclu, invitant Kokehalo à maintenir sa dynamique en faveur de la préservation du Parc national du Mont Sangbé.
Kindo Ousseny
![]()







