À Man, la célébration de la 20e édition de la Journée mondiale de lutte contre la rage a mis en lumière la gravité de la situation sanitaire. Dix mille doses de vaccin ont été mises à la disposition de la région pour renforcer la prévention.

La rage continue de faire des victimes en Côte d’Ivoire. Dans le district sanitaire des Montagnes, trois enfants âgés de 5, 7 et 11 ans ont perdu la vie à la suite de cette maladie. Un bilan préoccupant rappelé le jeudi 22 octobre 2026, à la Place de la Paix de Man, lors de la célébration de la 20e édition de la Journée mondiale de lutte contre la rage, placée sous le thème : « Tous ensemble contre la rage, vaccinons pour sauver des vies ».
Cette rencontre a mobilisé les autorités administratives et municipales, les responsables des secteurs de la santé et des ressources animales et halieutiques, ainsi que les populations autour de la nécessité de renforcer la lutte contre cette maladie mortelle, mais évitable grâce à une prévention adaptée et à une prise en charge rapide.
Représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, le directeur régional de la Santé, Dr Krelo Kouassi, a révélé que 45 décès humains liés à la rage avaient été enregistrés dans 31 districts sanitaires sur les 113 que compte le pays. Dans le district sanitaire des Montagnes, environ 1 000 personnes mordues ont bénéficié d’une vaccination antirabique auprès de l’Institut national d’hygiène publique (INHP).

Malgré ces efforts, la mort de trois enfants constitue un signal d’alarme. « Trois innocents arrachés à l’affection de leurs parents », a déploré le responsable sanitaire, rappelant que la rage continue de menacer les populations, particulièrement les plus jeunes. Il a appelé à une prise de conscience collective, estimant que la méconnaissance de la maladie et la négligence des gestes de prévention exposent encore de nombreuses personnes au danger.
Face à cette menace, Dr Krelo Kouassi a insisté sur la conduite à tenir après une morsure ou une griffure suspecte : laver immédiatement la plaie à l’eau et au savon pendant au moins 15 minutes, puis se rendre sans délai dans un centre de santé pour une évaluation médicale et une prise en charge adaptée, notamment la vaccination antirabique si elle est indiquée. Il a souligné qu’il ne fallait jamais attendre l’apparition des symptômes, car la rage est presque toujours mortelle à ce stade.
Pour sa part, Ouattara Dramane, premier adjoint au maire de Man, représentant le maire, a plaidé pour une mobilisation de proximité. Selon lui, la lutte contre la rage doit commencer dans les familles, les quartiers, les marchés et les villages. Il a notamment exhorté les populations à faire vacciner leurs animaux domestiques et à adopter des comportements responsables pour prévenir les risques de transmission.

Au nom du ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, l’inspecteur général du MIRAH, Sery Kpa, a exprimé sa compassion aux familles endeuillées. Il a qualifié la rage d’urgence de santé publique et appelé à intensifier les actions sur le terrain.
Il a identifié quatre priorités : renforcer la vaccination des animaux, améliorer la gestion des animaux susceptibles de transmettre la maladie, intensifier la sensibilisation des populations et améliorer la prise en charge des personnes exposées. La surveillance sanitaire doit également être renforcée afin de prévenir de nouveaux cas et d’éviter que d’autres familles ne soient confrontées à de telles tragédies.
Au cours de la cérémonie, les efforts déployés par les pouvoirs publics ont été mis en avant. Selon les chiffres communiqués, environ 800 000 chiens ont été vaccinés et 7 000 personnes exposées ont été prises en charge. Pour soutenir la lutte dans la région, 10 000 doses de vaccin ont été mises à la disposition du Tonkpi.
Ces moyens devront contribuer à renforcer la prévention et à améliorer la réponse sanitaire. Toutefois, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une implication effective des communautés, notamment à travers la vaccination des chiens, la vigilance face aux animaux suspects et le recours rapide aux services de santé après toute morsure. Deux sketchs sur la rage et ses méfaits présentés par les enfants de Epc NDI et EPC Ebenezer ont été présenté aux populations.
À Man, le message est sans équivoque : la rage ne doit plus être considérée comme un danger lointain. Les décès enregistrés rappellent l’urgence d’une riposte collective associant autorités, professionnels de la santé, services vétérinaires et populations. Car derrière chaque vaccination, ce sont des vies humaines à sauver et des familles à protéger.
Doumbia Seydou Badian
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