Man: Une campagne de la BCEAO pour mettre fin au rejet des pièces de 500 FCFA

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Le refus des pièces de 500 FCFA par certains commerçants est une réalité qui s’installe progressivement dans les habitudes de transactions à Man. Une situation qui suscite des préoccupations en raison de ses conséquences sur les échanges commerciaux et le quotidien des consommateurs. Pour y remédier, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a décidé de renforcer la sensibilisation auprès des populations, avec l’appui des autorités administratives.

Une séance d’information et d’échanges a ainsi été organisée à Man avec la participation des représentants de la société civile, des organisations professionnelles et de plusieurs acteurs locaux. Cette initiative vise à réaffirmer le caractère légal des pièces de 500 FCFA, tout en encourageant leur acceptation systématique dans les opérations commerciales.

À l’ouverture des travaux, Mme Eva Koffi, cheffe de l’agence auxiliaire de la BCEAO de Man, a expliqué que cette démarche répond à la nécessité de corriger certaines perceptions autour de la monnaie métallique. Elle a rappelé que les pièces de 500 FCFA constituent un instrument important dans les transactions quotidiennes et que leur rejet peut fragiliser le bon fonctionnement des échanges. Elle a, par conséquent, invité les participants à relayer les informations auprès de leurs différentes communautés afin de favoriser un changement de comportement.

Dans sa présentation, M. Cissé Sékouba, chef de caisse à l’agence auxiliaire de la BCEAO de Man, a apporté des précisions sur la situation de ces pièces et leur cadre réglementaire. Il a notamment insisté sur leur authenticité, leur validité et leur maintien dans la circulation monétaire. Les données communiquées au cours de son intervention font ressortir une progression de 259 % en 2025, avec un volume multiplié par cinq, selon les indicateurs présentés.

Le responsable de caisse a également rappelé les dispositions légales qui encadrent l’utilisation des signes monétaires émis par la Banque centrale. En effet, les billets et pièces de monnaie de la BCEAO, y compris ceux de 500 FCFA, doivent être acceptés comme moyens de paiement dans les transactions entre les agents économiques au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). Le refus de recevoir une monnaie ayant cours légal constitue une infraction passible de sanctions prévues par la réglementation, notamment une amende comprise entre 100 000 et 500 000 FCFA, selon les dispositions rappelées lors de la rencontre.

La BCEAO précise par ailleurs que les billets mutilés ou déchirés ainsi que les pièces lisses ou altérées peuvent être échangés sans frais dans ses guichets. Elle invite également les usagers à consulter son site officiel pour obtenir des informations fiables sur les billets et pièces qu’elle émet.

Présent à cette rencontre, le préfet de la région du Tonkpi, préfet du département de Man, a exhorté les populations à faire preuve de responsabilité dans leurs pratiques commerciales. Il a particulièrement insisté sur l’importance de la libre circulation de la monnaie et appelé les différents acteurs à s’impliquer dans la lutte contre le phénomène. Pour l’autorité préfectorale, les recommandations issues de cette sensibilisation doivent se traduire par des changements visibles dans les comportements sur le terrain.

La stratégie de riposte prévoit notamment le recours aux médias de proximité, aux autorités locales et aux organisations communautaires pour diffuser largement le message. L’ambition est de toucher toutes les couches de la population, en particulier les commerçants et les consommateurs directement concernés par cette pratique.

À travers cette mobilisation, la BCEAO et les autorités administratives veulent préserver la fluidité des transactions et éviter que le refus des pièces de 500 FCFA ne devienne une pratique courante. Le message est sans équivoque : toute pièce de 500 FCFA authentique émise par la Banque centrale demeure valable et doit être acceptée au même titre que les autres signes monétaires ayant cours légal.

Doumbia Seydou Badian

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