Biankouma : La galère des paysans producteurs de cacao

Temps de lecture : 2 minutes

À Biankouma, les producteurs de cacao vivent une période de profonde incertitude. Faute de liquidités chez les acheteurs, les fèves s’entassent dans les villages ou sont bradées à vil prix, tandis que de nombreux paysans attendent toujours le paiement de leurs récoltes, plusieurs semaines après la vente.

À l’origine de cette situation, le manque de fonds nécessaires. Les principaux acquéreurs disent ne pas disposer d’argent. En cause : la longue période d’attente des remorques chargées de sacs de fèves au port de San-Pedro, ainsi que les différents frais afférents occasionnés. Pour ces raisons, les paysans sont par endroits contraints de brader leurs productions agricoles.« J’ai été obligé de vendre le kilogramme de fèves de cacao à 2 300 francs CFA pour faire face aux frais médicaux de l’un de mes trois enfants, étudiants à l’Université nationale Félix Houphouët-Boigny, aujourd’hui gravement malade », a fait observer M. M., un paysan à Biankouma. Un peu plus loin, Wouatané Bourahima, lui, a décidé de stocker sa production pour attendre « des jours meilleurs ».

Certains des nombreux paysans qui ont écoulé leurs fèves de cacao à la mi-décembre 2025 ne sont toujours pas entrés en possession de leur dû, à la date du 16 janvier 2026. Ouattara Ibrahim et cinq de ses collègues, paysans producteurs de cacao à Guéupleu (Savane), une localité située à 11 kilomètres de la sous-préfecture de Yorodougou (département de Sipilou), font partie de ceux-ci. Venu à Biankouma dans le but de rentrer en possession du prix de vente des six tonnes de fèves de cacao écoulées dans la période du 26 décembre 2025, Ouattara, après 48 heures de séjour, doit rentrer bredouille au village. L’acquéreur affirme toujours qu’il « ne dispose pas d’argent ».

Partout en milieu rural à Biankouma, des reçus d’achat provisoires sont délivrés aux paysans, en lieu et place des billets de banque, en guise de garantie, à travers une opération baptisée « dépôt-vente ».

Honoré Droh

Loading

Partager, c'est aimer!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *