À Bangolo, le ton monte contre l’incivisme fiscal. Réuni le 13 mars 2026 pour sa deuxième session ordinaire de l’année, le Conseil municipal a affiché une volonté ferme : restaurer l’autorité fiscale locale et mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins pressants des populations. Au cœur de cette dynamique, le maire Gah Yémonli Arsène entend engager une véritable « bataille » contre les mauvais payeurs.

Dans une atmosphère studieuse mais empreinte d’urgence, les conseillers municipaux ont examiné la situation préoccupante du recouvrement des recettes. Le constat est sans appel : la faible mobilisation des taxes fragilise le fonctionnement de la commune et freine la réalisation de projets structurants. Pour l’exécutif municipal, il devient impératif de renforcer les mécanismes de collecte afin d’assurer une meilleure prise en charge des attentes des administrés.
L’exposé du service financier de la mairie a mis en lumière les nombreux obstacles auxquels font face les agents collecteurs. Entre retards chroniques de paiement et refus catégoriques de certains opérateurs économiques, la tâche s’avère ardue. À cela s’ajoute un phénomène plus préoccupant : l’intervention de tiers influents, notamment certains élus et cadres, qui « couvrent » des commerçants défaillants, compliquant ainsi le travail des services municipaux.
Face à ces dérives, le Conseil municipal a décidé de passer à l’offensive. Tous les membres de la commission des finances ont été mobilisés pour proposer des solutions concrètes et durables. En ligne de mire : assainir les pratiques, responsabiliser les contribuables et optimiser les recettes locales. Dans cette logique, une première mesure forte a été annoncée : la fin de la gratuité pour l’occupation du foyer des jeunes et de la place publique, désormais soumise à paiement systématique.

Par ailleurs, la session a également abordé la question des absences répétées de certains conseillers municipaux. Sur ce point, le maire a rappelé que toute sanction disciplinaire relève exclusivement du ministère de l’Intérieur, appelant toutefois à plus de rigueur et d’engagement dans la gestion des affaires communales.
En dépit de ces difficultés, des signaux encourageants ont été évoqués. La reprise des travaux de construction de l’hôtel de ville, le lancement prochain du commissariat et celui de la piscine municipale témoignent d’une volonté de modernisation. Toutefois, le Secrétaire général de préfecture a justifié l’arrêt du bitumage des rues par des contraintes financières, invitant les cadres de Bangolo à mobiliser leurs réseaux pour soutenir l’achèvement des chantiers. Une interpellation qui résonne comme un appel à la solidarité locale pour le développement de la commune.
Kindo Ousseny
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