Un important coup de filet a été réalisé récemment à Gotonguiné, localité située dans la sous-préfecture de Sangouiné, où les éléments de la gendarmerie nationale ont démantelé un atelier clandestin de fabrication et de stockage d’armes artisanales. Cette opération, menée avec précision, a permis de mettre au jour un réseau présumé d’activités illicites et d’ouvrir une enquête approfondie.

L’intervention des forces de sécurité fait suite à une alerte signalant les agissements suspects d’un individu spécialisé dans la fabrication et la commercialisation d’armes artisanales. Prenant l’information au sérieux, la gendarmerie a rapidement mis en place un dispositif de vérification discret afin de confirmer les faits sur le terrain.
Selon le capitaine Akpa Kotou Vladimir, les investigations ont été facilitées par un réseau de capteurs civils mobilisés pour l’occasion. Ces derniers ont approché le suspect en se faisant passer pour de potentiels acheteurs d’armes. Une stratégie qui a permis d’établir un premier contact et de recueillir des éléments probants.
L’individu mis en cause, identifié sous les initiales K.E, né le 1er janvier 1984 à Agboville, aurait accepté de conclure la transaction proposée, confirmant ainsi les soupçons des enquêteurs. Cette étape décisive a conduit à l’organisation d’une opération d’interpellation soigneusement planifiée.
Après confirmation des faits, les éléments de la gendarmerie, appuyés par une cellule spécialisée opérant en civil, ont effectué une descente dans la localité. Cette action s’inscrit dans une dynamique coordonnée entre l’escadron de gendarmerie et la cellule antidrogue, engagés dans la lutte contre les trafics illicites en milieu rural.

Sur les lieux, les forces de sécurité ont découvert un site servant à la fois d’atelier de fabrication et de dépôt d’armes. La perquisition a permis de révéler l’existence d’une structure artisanale pleinement opérationnelle, capable de produire et de reconditionner des armes et des munitions.
Le matériel saisi sur place est particulièrement révélateur de l’ampleur de l’activité. Il s’agit notamment d’armes artisanales complètes, de cinq canons d’armes, de plusieurs crosses de calibre 12, de cartouches de calibre 12 dont certaines chargées à la chevrotine, de munitions de type 9 mm pour pistolets automatiques, d’étuis vides destinés au rechargement, ainsi que d’équipements servant à la fabrication et au reconditionnement de munitions. Deux téléphones portables ont également été récupérés.
Les premiers constats indiquent que le suspect disposait de tous les outils nécessaires pour mener une activité structurée, allant de la fabrication à la distribution d’armes. Une situation qui soulève des préoccupations quant à la circulation d’armes illégales dans la région.
Les autorités sécuritaires ont indiqué que les investigations se poursuivent afin de déterminer l’étendue du réseau et d’identifier d’éventuels complices. Cette affaire pourrait ainsi révéler des ramifications plus larges impliquant d’autres acteurs.
À travers cette opération, la gendarmerie nationale met en lumière l’efficacité de la collaboration entre les forces de sécurité et les populations civiles. Cette synergie apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel dans la lutte contre la prolifération des armes illégales et le renforcement de la sécurité dans les zones rurales.
Kindo Ousseny avec la contribution de Christian Bih
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