À Man, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, l’espoir a pris corps au terme de trois jours d’intenses réflexions. Du 30 mars au 2 avril 2026, l’atelier interrégional d’appui au retrait des biens de la liste du patrimoine mondial en péril a réuni experts, gestionnaires de sites et partenaires techniques autour d’un objectif commun : accélérer le processus de sortie de plusieurs sites africains et arabes, dont la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba.

Organisée par l’ICESCO en partenariat avec l’UNESCO, le Fonds pour le patrimoine mondial africain, l’ICCROM, l’UICN et l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves, la rencontre a permis de poser les bases d’une nouvelle dynamique de coopération en faveur de la conservation du patrimoine mondial.
Au terme des travaux, l’expert de l’ICESCO, Souayibou Varissou, a rappelé l’ampleur du défi. « Sur les 1248 sites inscrits au patrimoine mondial, 53 sont aujourd’hui sur la liste en péril », a-t-il souligné, évoquant les menaces liées au changement climatique, aux conflits ou encore à la perte de biodiversité. Pour lui, cet atelier vise à renforcer les capacités des États afin d’améliorer la gestion de ces biens et favoriser leur retrait.
Au cœur des échanges, le Mont Nimba s’est imposé comme un cas emblématique. Site transfrontalier partagé entre la Côte d’Ivoire et la Guinée, il figure sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis plus de trois décennies. Pourtant, selon les experts, les avancées enregistrées ces dernières années permettent désormais d’entrevoir une issue favorable.

Pour Maïmouna Kamara, l’heure est à l’engagement politique. « Les techniciens ont fait leur part. Aujourd’hui, nous attendons une synergie entre les États, notamment la Côte d’Ivoire et la Guinée, pour enclencher le processus de retrait », a-t-elle insisté. Elle a également salué les efforts de conservation déjà entrepris, affirmant que le Mont Nimba « conserve encore ses valeurs universelles exceptionnelles ».
Sur le terrain, les signaux sont encourageants. Une visite de la réserve a permis aux participants de constater la richesse écologique du site, marquée par une biodiversité unique et des paysages préservés. Cette immersion a renforcé la conviction générale : le Mont Nimba remplit encore les critères qui ont justifié son inscription au patrimoine mondial.
Du côté guinéen, le discours se veut tout aussi optimiste. Le colonel Justin Bilivogui a affirmé que « tous les indicateurs sont pratiquement au vert », à l’exception de la question minière. Selon lui, des démarches sont en cours auprès des autorités pour mieux encadrer les activités extractives et lever les derniers obstacles au retrait du site de la liste en péril.

Clôturant les travaux, le directeur général de l’OIPR, le conservateur général Tondossama Adama, représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, s’est félicité de la qualité des échanges. Il a salué « des recommandations pertinentes » et exhorté les participants à devenir « des ambassadeurs des actions pour le retrait des sites », insistant sur la nécessité de traduire les engagements en actions concrètes.
Au-delà des discours, cet atelier aura permis de renforcer la coopération entre institutions internationales, États et gestionnaires de sites. Tous s’accordent sur un point : la conservation du patrimoine mondial est une responsabilité collective qui nécessite une mobilisation continue et coordonnée.
À l’issue de ces assises, une certitude se dégage : le Mont Nimba est aujourd’hui plus proche que jamais de sortir de la liste du patrimoine mondial en péril. Si les engagements politiques suivent les avancées techniques, les prochaines années pourraient marquer un tournant décisif pour ce joyau écologique ouest-africain, symbole d’espoir pour toute la région.
Kindo Ousseny
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