Man/ Commercialisation du café- cacao : Obed Blondé Doua appelle à l’unité pour défendre la filière

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L’hôtel Amoitrin a accueilli, ce mercredi 30 septembre, une séance d’information et de sensibilisation sur la commercialisation intérieure du cacao et du café. Devant des représentants de coopératives, des producteurs, des responsables syndicaux et divers acteurs de la filière, Obed Blondé Doua, vice-président et porte-parole principal de l’Organisation interprofessionnelle agricole du secteur café-cacao (OIA), a plaidé pour le dialogue, la modernisation et une meilleure organisation du secteur. « L’OIA est un cadre de consultation des acteurs pour la défense des intérêts de tous les acteurs, et particulièrement des producteurs », a-t-il rappelé.

Dès le début de son intervention, il a tenu à préciser la nature et la mission de l’organisation. L’OIA n’est ni un syndicat, ni une administration, encore moins un second Conseil du Café-Cacao. C’est un espace qui réunit producteurs, commerçants et transformateurs, afin de porter leurs préoccupations auprès du régulateur et des pouvoirs publics. « L’OIA intervient dans un cadre institutionnel, auprès du régulateur et des ministres de l’État, pour que des solutions soient trouvées par le dialogue », a-t-il expliqué.

Selon lui, cette démarche de concertation porte déjà ses fruits. Il a salué les échanges avec le régulateur, qui ont permis d’ouvrir un « couloir » pour l’enlèvement du cacao non tracé issu d’une campagne antérieure. Une illustration, à ses yeux, de l’utilité du dialogue entre les différentes composantes de la filière. « Tout cela ne se règle que dans le dialogue et la courtoisie avec les décideurs », a-t-il insisté.

Autre sujet majeur : le système national de traçabilité. Le porte-parole de l’OIA a défendu cette réforme, qui permet désormais de mieux identifier le producteur, l’origine du cacao, le lieu de production, le vendeur et les modalités de paiement. Elle répond, a-t-il souligné, aux nouvelles exigences des marchés internationaux. « Il faut qu’on s’adapte à la modernité. Ce sont les exigences des consommateurs de cacao, ce sont les exigences des marchés », a-t-il déclaré.

Dans cette logique, il a invité les acteurs à s’approprier pleinement les outils de traçabilité et les nouvelles pratiques de commercialisation. Face aux résistances que suscitent ces réformes, il a rappelé que la filière se modernise progressivement depuis 2012. L’informatisation de la commercialisation, la connaissance des producteurs et la traçabilité des opérations sont, selon lui, des étapes incontournables pour renforcer la crédibilité du secteur. Il a exhorté les coopératives à poursuivre leurs efforts en matière de qualité et de traçabilité.

La lutte contre le trafic de cacao a aussi tenu une place importante dans son propos. Obed Blondé Doua a salué la position publique prise par des responsables de coopératives contre ce phénomène et appelé tous les acteurs à se mobiliser. « Qu’on se donne la main pour lutter contre le trafic. Si on réussit cela, les coopératives vont fonctionner », a-t-il lancé, estimant que la lutte contre les sorties illicites de produits doit devenir une responsabilité collective.

Enfin, se prononçant sur les informations qui circulent sur les réseaux sociaux à propos d’un éventuel mouvement de grève des producteurs, il a invité à la prudence et à ne pas confondre ce qui se dit sur internet avec la réalité du terrain. D’après les informations dont il dispose, il n’y a pas de grève dans les zones de l’intérieur concernées par la mission de sensibilisation.

À travers cette sortie, l’OIA entend avant tout renforcer le dialogue avec le Conseil du Café-Cacao et accompagner les réformes engagées, pour une filière plus moderne, mieux tracée et mieux organisée.

Kindo Ousseny

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