Mont Péko: Tous les indicateurs écologiques au vert

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La troisième session 2025 du Comité de gestion local (CGL) du Parc national du Mont Péko s’est tenue à Duékoué le vendredi 21 novembre 2025 dans une ambiance studieuse, marquée par l’annonce de résultats jugés « encourageants » par l’ensemble des acteurs présents. Autorités administratives, responsables de l’OIPR, partenaires et représentants communautaires ont passé en revue les avancées enregistrées au troisième trimestre et les enjeux du dernier virage de l’année. Au cœur des échanges : l’amélioration de la faune, la poursuite de la régénération du couvert forestier et le renforcement des actions de surveillance.

En ouvrant les travaux, le préfet de région, Ibrahima Cissé, président du CGL, a rappelé la portée stratégique de cette plateforme de concertation, « un espace de dialogue majeur où se confrontent nos expériences, nos attentes et les préoccupations des populations riveraines ». Pour lui, les défis restent considérables : pression anthropique, exploitations illégales, déforestation progressive et risques environnementaux liés aux activités humaines. Mais il a appelé à « une volonté collective affirmée » afin de bâtir une gestion durable du parc, soulignant que le Mont Péko est à la fois un « levier de développement », un facteur de cohésion sociale et un héritage à préserver pour les générations futures.

Le représentant du Directeur général de l’OIPR, le colonel Gonto Gbassaha, a pour sa part salué la tenue régulière de ces sessions, essentielles à la restauration du parc. Il a exprimé sa « joie » de constater que le CGL continue de jouer son rôle, permettant aujourd’hui d’observer « des espèces nouvelles, des espèces en abondance qui se multiplient ». Un résultat rendu possible grâce à l’engagement des autorités locales et des communautés riveraines.

Le point le plus attendu de la rencontre fut le bilan du troisième trimestre, présenté par le colonel Assui Wa Kassi N’Guessan Dawy. Le parc compte désormais 72 agents, contre 57 en début d’année, renforcés par des stagiaires de l’École des Eaux et Forêts. Cinq patrouilles ont été effectuées, représentant 336 hommes-jours pour un taux de couverture de 67,94 % des 34 000 hectares du parc. Les équipes ont également posé des caméras-traps, réalisé trois missions de suivi des éléphants et collecté des données floristiques et fauniques. « Nous sommes sûrs qu’il y a plus de 50 éléphants dans le parc », a annoncé l’officier, avant de préciser qu’un doctorant mènera d’ici fin décembre une étude approfondie sur la densité et les déplacements de ces pachydermes.

Les travaux ont aussi mis en lumière les actions d’aménagement : implantation de 60 bornes pour délimiter le parc, entretien de 15 km de limites et 16 km de pistes intérieures, réhabilitation de postes de surveillance de Guezon Tahouaké et le siège du secteur Péko à Duékoué— désormais électrifié et occupé en permanence. À cela s’ajoutent des actions d’appui aux communautés, notamment la construction de logements d’enseignants à Petit-Guiglo grâce au projet IDH, ainsi que 16 sensibilisations de masse ayant touché 2 480 personnes dans les villages environnants.

Un autre temps fort de la session a été la présentation du niveau d’avancement des microprojets générateurs de revenus (AGR) accompagnés par le projet PIF II, faite par Akouma Marie-Pierre épouse Gué, conseillère technique AGR et responsable zone Ouest représentant Care International. Elle a indiqué que 31 sous-projets sont actuellement financés autour du parc, couvrant l’agriculture (riz, manioc, maraîchers), l’élevage (porcs, volailles, escargots) et diverses transformations locales. Si près de 3 000 demandes ont été reçues, seuls les projets respectant les critères techniques et organisationnels ont été retenus, la majorité portée par des associations bénéficiant de financements allant de 10 à 30 millions de francs CFA. Les suivis réalisés dans 11 localités montrent une bonne appropriation par les bénéficiaires et un fort engouement des populations riveraines.

Au-delà des résultats techniques, le directeur de la zone ouest, le colonel Zannou Moïse, a insisté sur la dynamique positive de la faune. Selon lui, « la faune est en train de recoloniser le parc », au point que certains animaux sortent désormais des limites pour causer des dégâts dans les villages. Eléphants et chimpanzés semblent retrouver vitalité et quiétude, même si les chiffres précis seront dévoilés en décembre après validation du rapport de suivi écologique. « Beaucoup a été fait, même si beaucoup reste encore à faire », a-t-il reconnu.

Les perspectives s’annoncent riches pour la fin d’année. Le colonel Zannou a évoqué la préparation de la quatrième session du CGL, prévue le 29 décembre, suivie le lendemain de la Journée socio-culturelle, moment fort durant lequel seront remis les « Prix Verts 2025 », d’une valeur de 10 millions de francs CFA, aux trois villages lauréats. Parallèlement, la coupe du cacao dans le parc reprendra pour atteindre les 1 000 hectares prévus annuellement, après un ralentissement lié au contexte électoral.

Au terme des travaux, les acteurs ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la surveillance, le suivi écologique et les actions de sensibilisation. Le préfet Cissé a insisté pour que le CGL reste « un cadre de vérité, de responsabilité et de solutions durables ». Cette troisième session, riche en enseignements, confirme que le Mont Péko, longtemps fragilisé, renoue progressivement avec un équilibre écologique porteur d’espoir.

Kindo Ousseny

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