À la tribune des « Rendez-vous de la presse » de l’UJPAG, l’honorable Evelyne Taly Kponh, députée de Zouan-Hounien, a livré un message fort mêlant engagement politique, action sociale et plaidoyer pour un leadership féminin plus affirmé dans le développement local. Face aux journalistes, l’élue du Tonkpi a défendu une vision claire : celle d’une Côte d’Ivoire qui ne pourra atteindre l’émergence sans une pleine participation des femmes, tout en revenant sur les actions concrètes de son ONG et les enjeux de cohésion dans sa région d’origine. C’était le jeudi 30 avril. Elle s’est exprimée sur le thème : « Le leadership féminin dans le développement local ».

D’entrée, la députée a insisté sur la place centrale des femmes dans le développement national. Pour elle, aucune nation ne peut prétendre à l’émergence en excluant la moitié de sa population. « Aucun pays ne peut aspirer au développement en laissant ses femmes en marge », a-t-elle affirmé avec conviction. Avant d’ajouter : « Le développement de notre pays ne se fera pas sans les femmes, mais avec elles. Et avec elles, le développement sera durable. »
Elle a, dans la même dynamique, salué l’engagement de la Première Dame, Dominique Ouattara, en faveur de la promotion féminine. « Merci à la Première Dame qui a compris que les femmes constituent une valeur dans la construction de notre pays », a-t-elle déclaré.
Revenant sur son engagement personnel, Evelyne Taly Kponh a estimé que l’action politique ne saurait se limiter aux discours. Selon elle, les populations attendent des résultats concrets. « Le politicien n’a pas de moyens. Nous avons créé une ONG pour impacter réellement sur la vie de nos parents », a-t-elle expliqué.
Pour l’élue de Zouan-Hounien, la crédibilité politique se mesure sur le terrain. « Tout le monde veut faire la politique, mais il faut se former. Car ce que les populations jugent, c’est l’impact réel sur le terrain », a-t-elle soutenu. Elle a également lancé un message aux jeunes filles : « Qu’elles apprennent à oser. » Définissant sa conception de l’engagement public, la députée a résumé : « Faire la politique, c’est aimer, se sacrifier pour son peuple».

L’honorable a ensuite détaillé les actions menées par son organisation dans le Tonkpi, avec un accent particulier sur l’école et la jeune fille. « Notre objectif avec l’ONG : encourager nos enfants à l’excellence scolaire en mettant l’accent sur les jeunes filles », a-t-elle indiqué. Selon elle, les résultats sont significatifs après onze années d’existence. « Nous sommes à plus de 5 000 enfants primés en 11 ans. Les récompenses sont composées de kits et de tenues. C’est un grand soulagement pour les parents quand les enfants reçoivent ces récompenses », a-t-elle fait savoir.
Elle a également évoqué la distribution de kits scolaires et de serviettes hygiéniques. « Nous sommes à 10 000 kits distribués. Nous avons commencé à distribuer des serviettes hygiéniques, soit 7 500, aux jeunes filles », a-t-elle précisé. Parmi les perspectives immédiates, la députée a annoncé une opération sociale en faveur des candidats à l’entrée en sixième. « Le 18 mai, nous entendons distribuer plus de 4 000 repas aux enfants qui passent l’examen de l’entrée en 6e en zones rurales », a-t-elle annoncé.

Interrogée sur les supposées divergences entre les ministres Albert Mabri Toikeusse et Vagondo Diomandé, deux figures majeures de la région, Evelyne Taly Kponh a rejeté toute idée de fracture.« Nos deux cadres se parlent tous les jours. Ceux qui veulent attiser la haine se trompent », a-t-elle affirmé. Avant de lancer un appel à la cohésion : « C’est dans la complémentarité que nous arriverons au développement de notre région. C’est dans l’entente que nous arriverons. Ils ont des mandats différents. C’est à nous de nous mettre autour d’eux pour construire un Tonkpi fort».
Concernant la création éventuelle de la région du Nimba sur la base de la siscion de la région du Tonkpi, la députée a indiqué qu’aucun texte officiel n’a encore été soumis au Parlement. « Ce n’est même pas encore un projet. Je suis députée et, au niveau de l’Assemblée nationale, nous n’avons reçu aucun projet de loi dans ce sens », a-t-elle assuré.
Elle a toutefois posé la question de l’efficacité d’un éventuel redécoupage administratif. « En tant que fille de cette région, ma préoccupation serait au niveau de l’impact. Est-ce que cela ne va pas diviser les ressources mises à notre disposition pour le développement local ? Sinon, pourquoi pas une nouvelle région », a-t-elle nuancé.

Sur la question de la polygamie, Evelyne Taly Kponh a adopté une position mesurée, enracinée dans les réalités culturelles. « La polygamie est une réalité culturelle. La réflexion à mener doit être faite dans le sens de la stabilité du foyer », a-t-elle estimé.
Avant de conclure : « Je suis fille de tradition et je respecte ma tradition. »
À travers cette tribune, l’élue de Zouan-Hounien a livré l’image d’une femme politique engagée, attachée à l’autonomisation des femmes, à l’éducation des jeunes et à la cohésion de sa région, avec en ligne de mire une Côte d’Ivoire où chaque citoyen contribue à l’essor national.
Touré Ibrahima
![]()







