GOHOUO-ZAGNA, 19 juin 2026. Ils sont venus nombreux. Chefs de village, guides religieux, jeunes, femmes, représentants des autorités administratives et coutumières : vendredi dernier, les habitants de Gohouo-Zagna, dans le département de Bangolo, ont répondu en masse à l’appel de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), réuni pour une grande journée de sensibilisation à la préservation du Parc national du Mont Péko.

C’est le chef du village, Gnanao Léon, qui a ouvert le bal, en souhaitant la bienvenue aux participants et en appelant à des échanges francs. Pour lui, l’heure était venue de comprendre vraiment ce que signifie protéger ce parc et d’obtenir des réponses concrètes aux inquiétudes des siens.
Au nom du président du Conseil régional du Guémon, Mambohi William a salué l’engagement de l’OIPR pour le maintien du couvert forestier. Il a tenu à rassurer les populations : les actions de sensibilisation ne visent personne en particulier. Elles participent à la sauvegarde d’un patrimoine que les générations futures ne pourront se permettre de perdre.

Le colonel Zannou Moïse, directeur de la zone Ouest de l’OIPR, a ensuite raconté l’histoire récente du parc. Celle d’un espace longtemps meurtri par les occupations illégales et les pressions humaines, mais qui, aujourd’hui, reprend souffle. Cette tournée de proximité, a-t-il expliqué, traduit la volonté de l’institution d’aller au-devant des riverains, de les écouter et de construire avec eux une gestion durable du territoire.
C’est le sous-préfet de Gohouo-Zagna, Kouadio Yao Nestor, représentant le préfet de Bangolo, qui a officiellement lancé les travaux. Il a félicité les populations pour leur mobilisation et exprimé le souhait que les débats soient vivants et productifs. L’enjeu, selon lui, est simple : faire du parc une cause commune, portée ensemble par l’État et les communautés.

Les exposés techniques ont ensuite pris le relais. Le colonel Assui Wa Kassi N’guessan Dawi, chargé d’études à la Direction de zone Ouest, a brossé le portrait écologique du Mont Péko : une aire qui régule le climat, alimente les sources d’eau et abrite des espèces rares, dont l’éléphant, emblème national. « Protéger le parc, ce n’est pas seulement protéger les animaux, c’est aussi protéger l’avenir de nos enfants », a-t-il lancé à l’assistance. Il a aussi nommé les menaces sans détour : plantations clandestines de cacao, feux de brousse, braconnage, et les risques sanitaires liés au contact avec la faune sauvage.
Le capitaine Lago Marien José Arcady, responsable du contentieux, a ensuite exposé le cadre juridique. Toute activité non autorisée dans le parc, à savoir, le défrichement, la chasse, les occupations non autorisées expose son auteur à des peines allant de six mois à vingt ans d’emprisonnement, et à des amendes de 500 000 à 20 millions de francs CFA.

La journée s’est achevée sur une note d’espoir, avec la présentation par le capitaine Yaya Sinayoko des projets de développement durable destinés aux communautés riveraines. Parmi eux, le « Prix Vert », doté de 10 millions de francs CFA, pour récompenser les villages les plus engagés dans la protection du parc. Les échanges ont été riches, les questions nombreuses. Et un message, au fond, a traversé toute la journée : le Mont Péko ne sera sauvé que si l’État, l’OIPR et les habitants décident, ensemble, de faire front commun.
Kindo Ousseny
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