Le vendredi 5 septembre dernier, à la place publique du quartier campus de Man, l’Association Jeunes Agriculteurs (AJA) a organisé une cérémonie de remise de kits scolaires et d’hygiène menstruelle à 60 adolescentes encadrées par l’ONG. Soutenu par Global Fund for Women, l’événement, marqué par des témoignages émouvants et des discours engagés, s’ inscrit dans la lutte contre les grossesses en cours de scolarité et pour le maintien des filles à l’école. Le président de l’AJA, Sahi Roger, a livré un message vibrant d’encouragement à ses protégées, sous le regard attentif des autorités locales.

D’entrée, le président Sahi Roger a tenu à mettre à l’honneur quatre jeunes filles devenues bachelières grâce à l’encadrement de son organisation. « C’est une fierté pour nous qu’elles soient là aujourd’hui », a-t-il lancé, en invitant les cadettes à suivre leur exemple. Pour lui, ces réussites doivent servir de modèle et de motivation à toutes celles qui poursuivent encore leurs études. Dans un geste symbolique, il a remis une petite enveloppe aux nouvelles bachelières, « juste pour leur dire merci » et leur rappeler que l’essentiel reste à venir : « Ce qui serait encore plus intéressant, c’est que demain matin, je puisse vous retrouver dans un bureau, dans un service ».
Le président de l’AJA n’a pas manqué de saluer le rôle des femmes et encadreuses, en particulier celui de « Milfrancs », surnom d’une dame, présentée comme une figure clé dans le suivi des adolescentes. « Encadrer les adolescents n’est pas facile. Sans elle, ça aurait été difficile pour moi », a-t-il reconnu. Puis, détaillant l’initiative, il a annoncé la remise de 60 kits composés de fournitures scolaires, de tenues scolaires et de serviettes hygiéniques, un appui indispensable pour permettre aux jeunes filles de gérer dignement leurs menstruations et de poursuivre leurs études sans interruption.

Au-delà de la distribution, l’AJA a aussi innové dans l’accompagnement des familles. Quatorze d’entre elles ont reçu des smartphones équipés d’une application éducative baptisée Maman Sophia, destinée à prévenir les grossesses précoces et à soutenir la scolarité. « Notre objectif, c’est que ces enfants restent le plus longtemps possible dans le système scolaire », a insisté Sahi Roger, appelant la communauté à continuer de soutenir l’éducation des adolescentes. Il a également salué l’engagement des mères réunies dans des associations d’épargne (AVEC), qui contribuent chaque mois pour financer des méthodes contraceptives et protéger leurs filles.
La voix des bénéficiaires a été portée par Monty Sarrah Princesse. Au nom de ses camarades, elle a exprimé gratitude et reconnaissance : « Nous voulons dire merci à l’Association Jeunes Agriculteurs, au Global Fund for Women et à notre tonton Sahi pour ce projet ». Un témoignage simple mais empreint de fierté, révélant l’impact concret de cette initiative sur la vie des jeunes filles.

Prenant la parole, Kessé Diomandé, représentant le directeur régional du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, a replacé cette action dans un contexte plus large. Il a rappelé que la région du Tonkpi occupe depuis deux années consécutives la deuxième place nationale en matière de grossesses en milieu scolaire, avec 408 cas recensés. « Ce rang n’est pas honorable pour nous », a-t-il souligné, insistant sur la responsabilité partagée entre parents, encadreurs et communauté. Pour lui, « offrir une tenue ou un kit scolaire, c’est investir dans l’avenir d’une fille et dans celui de toute la nation ».
Enfin, représentant le préfet du département de Man, Mme Mélodie Zahibo a salué une initiative qui « va bien au-delà de la simple remise de kits scolaires ». Elle a rappelé que l’éducation est « un outil fondamental de prévention contre les grossesses précoces et les avortements clandestins », tout en encourageant les adolescentes bénéficiaires à persévérer dans leurs études. « Chaque fille a droit à l’éducation, à la dignité et à l’autonomie », a-t-elle insisté, avant de féliciter l’AJA pour ce partenariat exemplaire au service du développement humain.
En définitive, cette cérémonie de remise de kits scolaires et d’hygiène aura été plus qu’un simple geste matériel. Elle a cristallisé une ambition collective : celle de bâtir un avenir meilleur pour les jeunes filles, en leur offrant les moyens de rester sur le chemin de l’école, malgré les obstacles sociaux et économiques.
Kindo Ousseny
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