Trois jours durant, du 3 au 5 juillet 2026, la ville de Man a vibré au rythme de la 7ᵉ édition du KanoukopLeu Festival. Placée sous le thème « Impact de l’innovation technologique et numérique sur le développement culturel », cette édition a réuni autorités administratives, élus locaux, chefs traditionnels, acteurs culturels, partenaires techniques et financiers, ainsi que des milliers de festivaliers venus de plusieurs régions de Côte d’Ivoire et de l’étranger. Au-delà des festivités, l’événement a confirmé une ambition assumée : faire de Man une destination culturelle et touristique de premier plan en Afrique de l’Ouest.

Dès l’ouverture, la Place de la Paix s’est transformée en un véritable carrefour des richesses du Tonkpi. Village artisanal, expositions, espaces gastronomiques, panels scientifiques, animations artistiques, actions sociales et excursions touristiques ont plongé les visiteurs au cœur du patrimoine matériel et immatériel de la région. À travers cette programmation dense, le KanoukopLeu Festival veut démontrer une conviction simple : la culture est un levier puissant de développement économique, de cohésion sociale et de création d’emplois.
La cérémonie officielle d’ouverture, le vendredi 3 juillet, a été portée par des prises de parole fortes. La commissaire générale du festival, Andrea Banty, a salué le chemin parcouru depuis la création de l’événement, tout en invitant les populations à s’approprier davantage cette initiative. « Aujourd’hui, Man ne dort pas. Aujourd’hui, le Tonkpi se lève », a-t-elle lancé, sous les applaudissements d’un public conquis. Pour elle, le festival dépasse largement le cadre d’une simple célébration : « Depuis sept éditions, ce festival raconte une seule et même histoire : celle d’un peuple fier de sa culture et déterminé à en faire une force pour demain. »

Mme Banty a longuement insisté sur les retombées concrètes de la culture, (création d’emplois, autonomisation des femmes, valorisation de la jeunesse, développement local), avant d’adresser sa gratitude aux partenaires qui accompagnent l’aventure depuis ses débuts. « Vous n’avez pas seulement investi dans un festival. Vous avez investi dans une région, dans une jeunesse, dans une promesse », a-t-elle confié. Se tournant ensuite vers les populations, elle les a exhortées à faire de cet événement un véritable levier d’émancipation : « Ce festival est votre outil. Votre réussite passe par ici. Votre indépendance commence ici. » Elle n’a pas caché ses ambitions pour l’avenir, réaffirmant sa volonté de faire du KanoukopLeu « le plus grand festival de toute l’Afrique et le fer de lance culturel de l’Afrique de l’Ouest ».
Les autorités présentes ont salué cette dynamique portée par les organisateurs. Représentant le ministère en charge de la Culture, le directeur de la Culture et de la Francophonie, Barthélémy Amon, a estimé que le festival est devenu un véritable espace de valorisation du patrimoine du Tonkpi. « C’est un véritable espace de valorisation de notre patrimoine culturel à travers les masques, les danses, les expositions et toute la recherche culturelle de Man et du Tonkpi qui est mise en lumière. Nous disposons d’atouts touristiques extraordinaires, d’un artisanat remarquable et d’une hospitalité légendaire », a-t-il déclaré. De son côté, le maire de Man a renouvelé l’engagement de la municipalité aux côtés des organisateurs : « Nous continuerons à soutenir cette culture afin qu’elle soit davantage célébrée, valorisée et portée toujours plus haut. La mairie est résolument engagée dans cette voie. »
Au-delà des discours, le festival a offert un programme dense et varié. Le village artisanal et culturel a rassemblé de nombreux exposants venus présenter les savoir-faire locaux, pendant que le panel scientifique consacré au thème de cette édition permettait d’échanger sur les opportunités qu’offrent les nouvelles technologies pour la préservation et la promotion du patrimoine. Le samedi matin, plus d’une cinquantaine de festivaliers venus notamment d’Abidjan et de France ont pris part à une excursion à la découverte de deux joyaux naturels de la région : le pont de lianes de Vatouo et la cascade de Zadépleu, mettant en lumière le potentiel écotouristique exceptionnel du Tonkpi.

Les organisateurs ont également tenu à donner une place au volet social, en installant un espace santé où des dépistages gratuits de la glycémie ont été proposés aux festivaliers, une manière d’associer prévention sanitaire et célébration culturelle dans un même élan de proximité. Les soirées, elles, ont offert des moments de communion populaire particulièrement appréciés. Malgré une pluie ayant perturbé les premières animations du vendredi soir, la mobilisation est restée intacte : le samedi, l’espace gastronomique et le maquis géant ont accueilli des milliers de festivaliers venus savourer les spécialités culinaires locales avant de vibrer aux prestations des Rois du Biama Team de Poy, de Colombe Merveille et du célèbre groupe zouglou VDA, qui ont enflammé la Place de la Paix jusque tard dans la nuit.
Au terme de cette septième édition, le KanoukopLeu Festival confirme sa mue vers un rendez-vous majeur du calendrier culturel ivoirien. Il s’affirme comme un véritable outil de promotion touristique, de développement économique, de valorisation du patrimoine Dan et de renforcement de la cohésion sociale. Portés par cette dynamique, les organisateurs nourrissent désormais une ambition claire : faire de Man une référence culturelle incontournable en Côte d’Ivoire et, à terme, une vitrine de la richesse culturelle de l’Afrique de l’Ouest.
Doumbia Seydou Badian
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