C’est dans la salle de conférence de la préfecture de Man que s’est tenue, le jeudi 22 mai 2026, une rencontre aussi symbolique qu’attendue. Face à face, d’un côté les autorités administratives de la région du Tonkpi, de l’autre les responsables des communautés ressortissantes des pays de la CEDEAO et de l’AES établies dans le département. À l’initiative du préfet de région Fofana Lancina, cette séance d’échanges s’inscrivait dans sa tournée de proximité engagée depuis sa récente prise de fonction. Une façon, pour le nouveau préfet, d’aller à la rencontre de ceux qui font vivre le Tonkpi au quotidien.

Dès l’ouverture de la séance, le ton était donné. Les représentants des différentes communautés étrangères avaient répondu en nombre à l’invitation préfectorale, dans une atmosphère chaleureuse, empreinte de convivialité et de fraternité. Leur présence massive n’a pas échappé au préfet Fofana Lancina, qui y a vu immédiatement un signe encourageant. « Votre présence ici témoigne de votre attachement à la paix, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble », a-t-il déclaré en ouvrant les échanges.
Il a rappelé que la Côte d’Ivoire n’a jamais été une terre étrangère pour les peuples de la sous-région. Des décennies de liens historiques, culturels et humains unissent les Ivoiriens à leurs voisins. Ce n’est pas une formule de circonstance : c’est une réalité vécue chaque jour dans les marchés, les ateliers, les champs et les quartiers de Man.
Le préfet a tenu à le dire clairement : les ressortissants de la CEDEAO et de l’AES ne sont pas de simples résidents. Ce sont des acteurs à part entière du développement économique du département. Commerce, transport, agriculture, artisanat, services. Dans tous ces secteurs, leur contribution est visible, concrète et précieuse. « Je voudrais vous exprimer la reconnaissance des autorités administratives pour votre apport à la stabilité et à la vitalité économique de Man », a affirmé Fofana Lancina.

Mais au-delà de la gratitude, l’heure était aussi à la responsabilité. Dans un contexte sociopolitique sous-régional marqué par des tensions et des instabilités, le préfet a appelé les responsables communautaires à redoubler de vigilance auprès de leurs membres. Car la paix ne se maintient pas seule : elle se cultive, se défend et s’entretient au quotidien.
Fofana Lancina a été direct : aucun développement durable ne peut prendre racine sans discipline sociale, sans respect des institutions, sans coexistence pacifique. Il a notamment insisté sur l’impératif de non-ingérence dans les affaires politiques intérieures ivoiriennes. Une ligne rouge qu’aucune communauté, quelle que soit son origine, ne devrait franchir. « Les étrangers vivant en Côte d’Ivoire doivent demeurer des acteurs de paix, de rassemblement et de stabilité sociale », a-t-il martelé devant une assistance visiblement attentive.

Prenant la parole au nom de l’ensemble des communautés présentes, leur porte-parole Zié Jean-Marie a salué chaleureusement la démarche du préfet. Il a exprimé la gratitude collective envers les autorités ivoiriennes et le peuple ivoirien pour leur hospitalité « légendaire », a-t-il insisté, sans exagération selon lui.
Mais il ne s’est pas arrêté aux remerciements. S’adressant directement au préfet, il a pris un engagement ferme : « Nous nous engageons à vous soutenir dans vos actions pour la cohésion sociale, pour la paix et le développement de cette région. Vous pouvez compter sur nous. » Et de promettre, au nom de tous, le respect scrupuleux des lois ivoiriennes ainsi que des us et coutumes des populations hôtes.
Au terme de cette rencontre marquée par des échanges directs et sincères, une chose était claire : ce type de dialogue est non seulement utile, mais nécessaire. En choisissant d’aller vers les communautés étrangères dès les premières semaines de sa prise de fonction, le préfet Fofana Lancina envoie un message fort : le Tonkpi se construit ensemble, avec toutes ses composantes humaines, dans le respect mutuel et la fraternité.
Une région unie, paisible et prospère, ce n’est pas qu’un vœu. C’est, semble-t-il, un chantier que le nouveau préfet entend mener avec méthode et détermination.
Kindo Ousseny
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