Duékoué a accueilli, les 29 et 30 juin 2026, l’atelier de bilan 2025-2026 et de planification 2026-2027 du projet de Partenariat public-privé (PPP) consacré à la protection et à la réhabilitation du Parc national du Mont Péko (PNMP). Organisée par la Direction de Zone Ouest (DZO) de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), avec l’appui de ses partenaires IDH et Barry Callebaut. La rencontre a réuni 56 participants venus de l’administration, des collectivités, des communautés riveraines, des partenaires techniques et financiers et de la presse, en présence du directeur de la Zone Ouest de l’OIPR, le colonel Zannou Moïse.

En ouvrant les travaux, le préfet de la région du Guémon, préfet du département de Duékoué, Addoh Tano Jean-Marie, a salué l’engagement de l’ensemble des acteurs autour de la conservation du Mont Péko. Il a vu dans cette rencontre l’occasion d’évaluer les actions menées, d’en mesurer les acquis, mais aussi d’en identifier les limites pour mieux orienter les interventions futures. « Cet atelier doit permettre de mieux prendre en compte les préoccupations des populations riveraines afin de prévenir les incompréhensions », a-t-il souligné, invitant chefs de village, responsables des jeunes et des femmes à s’approprier les outils développés pour mieux relayer les messages auprès de leurs communautés.
Représentant le Directeur général de l’OIPR, le conservateur général Adama Tondossama, le colonel Zouo Richard a rappelé que le Mont Péko figure parmi les six forêts prioritaires de l’Initiative Cacao et Forêts. À ses yeux, le partenariat noué avec IDH, Barry Callebaut et les autres partenaires illustre un modèle de gouvernance associant État, secteur privé et communautés locales. « Les communautés riveraines demeurent les premiers gardiens du parc. C’est avec elles que nous devons poursuivre cette dynamique de conservation durable », a-t-il affirmé, appelant les participants à des échanges francs et constructifs.
Les présentations techniques ont dressé un tableau encourageant de la mise en œuvre du projet. Le Plan annuel d’activités (PAA) 2025-2026 affiche un taux de réalisation de 75 % en 2025 et de 57 % au premier semestre 2026, soit 96 % des objectifs attendus pour cette période. Parmi les réalisations : l’installation de 100 panneaux d’interdiction, la formation d’agents aux droits humains, le renforcement de la communication et la tenue d’activités de gestion participative avec les riverains.

Sur le plan sécuritaire, les progrès sont tout aussi nets : les indices d’agression ont considérablement reculé depuis 2017, et les interpellations liées aux activités illégales sont passées de 108 à seulement deux en 2025. Appuyées par des équipements modernes et des formations régulières, les équipes de terrain poursuivent le renforcement des patrouilles, la restauration des écosystèmes dégradés et l’amélioration du renseignement.
Le suivi écologique confirme cette tendance encourageante. Les inventaires menés entre 2024 et 2025 ont permis de recenser 86 espèces animales, dont plusieurs inscrites sur la Liste rouge de l’UICN. Ils confirment aussi la présence de l’éléphant de forêt, espèce emblématique du parc, avec une population estimée à douze individus, tandis que les activités humaines à l’intérieur de l’aire protégée continuent de reculer.

Au-delà de la biodiversité, l’atelier a mis en lumière les actions menées en faveur des populations riveraines : près de 3 000 personnes sensibilisées dans plusieurs localités, des conventions signées avec des radios de proximité et des organisations de la société civile, et plusieurs microprojets communautaires lancés. Les participants ont validé le Plan annuel d’activités 2026-2027, qui prévoit de renforcer la surveillance, le suivi écologique, l’accompagnement des communautés et la communication, tout en intensifiant la recherche de nouveaux financements.
À la clôture des travaux, le colonel Zouo Richard s’est félicité de l’atteinte des objectifs de l’atelier et de l’adoption consensuelle de la nouvelle feuille de route. « Les bilans techniques et financiers ont été validés, tout comme les activités et le budget prévisionnel de l’exercice 2026-2027. Il appartient désormais à chacun de traduire ces engagements en actions concrètes sur le terrain », a-t-il déclaré. Le préfet Addoh Tano Jean-Marie a, quant à lui, réaffirmé l’engagement de l’administration préfectorale à accompagner durablement l’OIPR, appelant les partenaires à renforcer les activités génératrices de revenus et les actions de proximité pour consolider l’adhésion des communautés à la préservation du Parc national du Mont Péko.
Kindo Ousseny
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