Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a effectué, le vendredi 17 juillet 2026, une visite de travail à Man et à Biankouma, quelques jours après le dramatique accident de la circulation survenu sur le pont enjambant le fleuve Bafing. Cette mission, marquée par un recueillement, des échanges avec les autorités administratives et une rencontre avec les acteurs du transport routier, visait à exprimer la solidarité du gouvernement envers les victimes tout en annonçant un renforcement des mesures destinées à améliorer la sécurité routière.

La première étape de cette visite a conduit le ministre sur les lieux du drame, où un autocar a chuté dans le fleuve Bafing, causant la mort de 39 personnes et faisant 45 blessés. Après avoir constaté les circonstances de l’accident, Amadou Koné s’est rendu au Centre hospitalier régional (CHR) de Man afin de s’enquérir de l’état de santé des survivants. Il y a salué le professionnalisme du personnel médical dont la prise en charge, selon lui, a permis une évolution favorable de l’état des blessés. « À ce jour, tous les blessés, à l’exception de trois patients qui seront bientôt autorisés à regagner leur domicile, sont hors de danger. Aucun pronostic vital n’est engagé », a-t-il indiqué, adressant au passage les félicitations du gouvernement aux équipes sanitaires mobilisées.
Face à la presse, le ministre est revenu sur les premiers éléments de l’enquête. Selon lui, les investigations menées par le Bureau d’enquête du ministère des Transports, en collaboration avec les autorités judiciaires, progressent normalement et permettront bientôt d’établir toutes les responsabilités. Il a néanmoins révélé que plusieurs indices convergent déjà vers des manquements graves. « Le véhicule était autorisé à transporter 69 personnes, alors que le nombre total des victimes s’élève à 91. Il y avait donc manifestement surcharge », a-t-il déclaré, précisant que des passagers auraient été embarqués tout au long du trajet.
Outre la surcharge, un facteur mécanique apparaît également parmi les causes probables de cette tragédie. Le ministre a expliqué que l’éclatement du pneu avant droit aurait provoqué la perte de contrôle du car avant sa chute dans le fleuve, tout en précisant que ces éléments devront être confirmés par les conclusions officielles de l’enquête. En attendant, Amadou Koné a invité les transporteurs à mettre fin à la pratique récurrente des embarquements supplémentaires en cours de route, et les voyageurs à refuser toute surcharge susceptible de mettre leur vie en danger.

À la préfecture de Man, le membre du gouvernement a ensuite échangé avec les autorités administratives avant de rencontrer les transporteurs des régions du Tonkpi et du Bafing. Devant ces derniers, il a tenu un discours sans complaisance, appelant à une profonde professionnalisation du secteur. Pour lui, les nombreux efforts consentis par le Président de la République en matière d’amélioration du réseau routier et de renouvellement du parc automobile ne produiront pleinement leurs effets que si les opérateurs respectent les normes de gestion et de sécurité.
« Si vous n’acceptez pas la professionnalisation, vous n’aurez jamais un secteur du transport solide », a averti Amadou Koné, dénonçant certaines pratiques consistant à confier des véhicules à des chauffeurs sans véritable contrôle, ni suivi de l’entretien mécanique, de la visite technique, des assurances ou de l’état des pneumatiques. Selon lui, cette absence de rigueur met quotidiennement en danger la vie des usagers et compromet les efforts de modernisation engagés par l’État.
Le ministre a également insisté sur la nécessité pour les conducteurs de disposer des certificats d’aptitude exigés par la réglementation et de participer aux sessions de formation organisées par les autorités compétentes. Évoquant les statistiques nationales, il a rappelé que près de 1 200 personnes ont perdu la vie sur les routes ivoiriennes l’année dernière, dont environ 700 utilisateurs de motos et tricycles. Il a ainsi exhorté l’ensemble des usagers de la route, notamment les motocyclistes, à adopter des comportements responsables, à commencer par le port systématique du casque.

Réagissant face à la presse, le président du Haut Conseil du Patronat des Entreprises de Transport Routier de Côte d’Ivoire (HCPETR-CI), Diaby Ibrahim, a exprimé l’émotion et la profonde tristesse des transporteurs face à cette catastrophe. Tout en présentant ses condoléances aux familles endeuillées, il a assuré que les organisations professionnelles entendent renforcer les campagnes de sensibilisation, la formation des chauffeurs et le contrôle de l’état technique des véhicules. « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie », a-t-il déclaré, avant d’annoncer qu’aucune surcharge ne sera désormais tolérée dans les autocars affiliés à leurs organisations, sous peine de sanctions.
Au terme de cette visite, le gouvernement et les acteurs du transport ont affiché une volonté commune de tirer toutes les leçons de ce drame afin d’éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise. Entre poursuite des enquêtes, renforcement des contrôles, professionnalisation du secteur et responsabilisation des usagers, les autorités espèrent transformer cette douloureuse épreuve en un véritable tournant pour la sécurité routière en Côte d’Ivoire. Pour les familles des 39 victimes disparues, le meilleur hommage restera sans doute la mise en œuvre effective de ces engagements, afin que plus jamais un tel drame n’endeuille les routes ivoiriennes.
KINDO Ousseny
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