Traçabilité du café- cacao: Le Conseil café-cacao mobilise les producteurs avant l’échéance du 1er septembre

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À moins d’un mois de l’entrée en vigueur de l’utilisation obligatoire de la carte du producteur et du Système national de traçabilité (SNT), le Conseil Café-Cacao a engagé une vaste campagne de sensibilisation à Man. Réunis mardi 4 août dans la salle de conférences de la préfecture, autorités administratives, producteurs, responsables de coopératives et acheteurs ont été appelés à s’approprier une réforme présentée comme un tournant majeur pour l’avenir du café et du cacao ivoiriens.

Ouvrant les travaux, le préfet du Tonkpi et du département de Man, Fofana Lancina, a situé les enjeux de cette réforme voulue par le gouvernement : identifier de manière fiable les exploitations et les producteurs, garantir l’origine des produits, lutter contre les pratiques frauduleuses et répondre aux nouvelles normes internationales. Pour le représentant de l’État, elle place désormais le planteur au cœur de la politique agricole nationale. « La carte du producteur constitue un instrument stratégique. Elle protège les intérêts du producteur et garantit que les fruits de son labeur soient davantage valorisés », a-t-il souligné, avant d’inviter sous-préfets, élus locaux et médias à poursuivre les actions de proximité pour assurer l’adhésion de tous.

Le délégué régional du Conseil Café-Cacao, Marcel Koné, a ensuite exposé les fondements du dispositif, effectif dès la campagne 2026-2027. Il a rappelé qu’à compter du 1er janvier 2027, l’Union européenne appliquera son règlement contre la déforestation, interdisant l’importation de café et de cacao dont l’origine ne peut être démontrée. Grâce au SNT, chaque produit pourra être suivi depuis la parcelle jusqu’au port d’Abidjan ou de San Pedro. Une garantie pour les partenaires internationaux et un atout pour la crédibilité et la compétitivité de la filière ivoirienne.

Trois outils constituent l’ossature du dispositif : la carte du producteur, le terminal de paiement électronique (TPE) et les scellés de traçabilité apposés sur les sacs. À partir du 1er septembre, le producteur présentera sa carte à l’acheteur, qui enregistrera la transaction via le TPE ; le paiement sera crédité directement sur la puce bancaire de la carte, au prix officiel fixé par l’État. Un mécanisme que Marcel Koné qualifie de « changement fondamental dans les rapports commerciaux au sein de la filière ».

Les avantages annoncés sont nombreux : sécurisation des paiements, réduction de la circulation des espèces, accès facilité à la Couverture maladie universelle, meilleure identification des producteurs et accès aux programmes d’appui du Conseil. Les coopératives, elles, gagneront en données fiables et en crédibilité auprès des exportateurs. « La carte du producteur est un outil de protection, de reconnaissance et d’amélioration des conditions de vie des producteurs », a résumé Marcel Koné.

Moment fort de la rencontre : le témoignage spontané d’un producteur, venu raconter comment sa grand-mère, souffrante, avait pu faire face à ses dépenses de santé grâce aux revenus du cacao conservés sur sa carte. « La vieille a vu qu’il restait encore de l’argent sur sa carte. Depuis ce jour, elle a totalement confiance au système. Nous qui ne l’avons pas encore, cela nous encourage à nous faire enregistrer », a-t-il confié, sous les applaudissements de la salle. Un témoignage que Marcel Koné a jugé « émouvant », révélateur selon lui de l’appropriation progressive de la réforme par les producteurs.

Le délégué régional a rappelé le caractère obligatoire du dispositif : dès le 1er septembre 2026, tout producteur dépourvu de sa carte ne pourra plus vendre son cacao. Il a lancé un appel pressant aux retardataires afin qu’ils se rapprochent rapidement des services du Conseil, assurant que « personne ne sera laissé pour compte durant cette transition ».

Clôturant la rencontre au nom du préfet de région, le sous-préfet de Man, Zao Yokoli Kouamé Vincent, a invité l’ensemble des acteurs à devenir des relais de la réforme sur le terrain. « La traçabilité n’est plus une simple option administrative. Elle est devenue une exigence incontournable pour préserver la compétitivité de notre filière et garantir un avenir durable aux producteurs », a-t-il déclaré, exhortant sous-préfets, autorités locales, organisations professionnelles et médias à poursuivre la sensibilisation. « Je souhaite que chacun reparte d’ici comme un véritable ambassadeur du Système national de traçabilité et de la carte du producteur », a-t-il conclu.

Kindo Ousseny

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