Parc national du Mont Sangbé : L’OIPR réalise 93% de ses objectifs à mi- parcours

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Le Parc national du Mont Sangbé peut-il maintenir le rythme de ses actions de conservation jusqu’à la fin de l’année 2026 ? C’est tout l’enjeu du suivi semestriel de son Plan d’opérations (PO), tenu les 8 et 9 septembre à Biankouma. Réunis autour de l’Office ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), autorités administratives, services techniques, partenaires, universitaires, représentants des communautés et professionnels des médias ont passé au peigne fin les activités réalisées au premier semestre. Au terme des travaux, le taux de réalisation effectif pondéré s’établit à 46 %, contre 49 % attendus, soit une performance globale estimée à 93 %.

Dans la salle de conférence de la Préfecture de Biankouma, les échanges ont porté sur l’état d’exécution des différentes activités inscrites dans la matrice du PO 2026. Chaque action a été examinée afin d’identifier les réalisations, les écarts constatés et leurs causes, dans le but de dégager des mesures correctives susceptibles d’améliorer le niveau d’exécution d’ici à la fin de l’année. Cette démarche s’inscrit dans le mécanisme de suivi prévu par le Plan d’opérations, aux côtés des réunions mensuelles, des missions techniques et des missions de suivi-évaluation.

Représentant le Directeur général de l’OIPR, Tondossama Adama, le Colonel Ouattara Amara a rappelé la valeur écologique du site : « Le Parc national du Mont Sangbé, avec sa biodiversité unique, demeure un trésor national que nous avons le devoir de protéger pour les générations futures », a-t-il déclaré à la clôture. Selon lui, les réflexions menées ont permis de formuler des propositions concrètes pour renforcer la gestion du parc et la collaboration entre les acteurs, tout en appelant à maintenir la dynamique collective face aux pressions persistantes, notamment le braconnage et les changements climatiques.

Pour les autorités administratives, la rencontre dépasse le cadre d’une simple réunion technique. Le Secrétaire général de la Préfecture de Biankouma, Sylla Ibrahim, représentant le préfet, a présenté le Mont Sangbé comme un sanctuaire de biodiversité, mais aussi comme un « château d’eau naturel » pour les départements de Biankouma, Touba et Séguéla. Il a salué l’appui des partenaires techniques et financiers (Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire, Barry Callebaut, universités partenaires) et insisté sur la nécessité de mettre ce suivi semestriel au service de la correction des insuffisances.

Derrière cette performance encourageante se cache toutefois une difficulté majeure : le financement. Le Colonel Ouattara Amara n’a pas éludé la question : les ressources sollicitées auprès de la Fondation pour les Parcs et Réserves de Côte d’Ivoire sont restées inférieures à la moitié des besoins prévus, avec un impact potentiel sur certaines activités. « Le principal défi reste donc le financement », a-t-il relevé, estimant qu’avec des moyens suffisants, l’OIPR pourrait obtenir des résultats encore meilleurs. Il s’est néanmoins dit confiant, au regard de l’intérêt manifesté par plusieurs partenaires, citant Barry Callebaut parmi ceux qui accompagnent déjà les actions de conservation.

Du côté scientifique, l’atelier a été salué comme un cadre utile à la production et à l’exploitation des données nécessaires à une gestion durable. Pour le Dr Kouakou Yao Célestin, enseignant-chercheur à l’Université Lorougnon Guédé de Daloa et membre du groupe de travail chargé du suivi écologique des aires protégées, les échanges ont permis d’apprécier les acquis, d’identifier les difficultés et de dégager des pistes d’amélioration. Il a plaidé pour un renforcement de la collaboration entre l’OIPR, les partenaires financiers et techniques, et le monde de la recherche.

Les enjeux de conservation débordent d’ailleurs les limites administratives du parc. Kouadio Guillaume, chef du service Pêche et Aquaculture à Sifié, a salué le travail des agents de l’OIPR dans la protection du fleuve Sassandra, qui borde la partie sud du parc, évoquant les difficultés de pollution rencontrées en 2024 et leur rôle dans l’atténuation du phénomène. Emmanuel Droh, directeur général adjoint de l’administration du Conseil régional du Tonkpi, a quant à lui plaidé pour une consolidation de la collaboration avec l’OIPR, citant notamment le projet Écotaire et diverses initiatives d’infrastructures et d’aménagements.

Au terme des deux jours de travaux, l’OIPR repart avec un bilan globalement satisfaisant, assorti de recommandations précises : reformuler certaines activités et certains indicateurs, renforcer le suivi des microprojets, et consacrer une partie du rapport de suivi écologique à l’état de mise en œuvre des thèmes prioritaires de recherche. Pour le Colonel Ouattara Amara, ce taux de 93 % est une source de satisfaction qui mérite d’être saluée, au regard des efforts consentis par l’équipe du Mont Sangbé malgré les difficultés. Le véritable défi reste désormais de transformer cette performance à mi-parcours en résultats encore plus solides d’ici à fin 2026, car au Mont Sangbé, la conservation de la biodiversité se joue aussi dans la capacité à mobiliser durablement les moyens nécessaires à sa protection.

Kindo Ousseny

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