Le Salon national de l’enseignement technique a ouvert ses portes ce dimanche 9 août 2026 au lycée technique et professionnel de Man, dans le Tonkpi. Parrain de la cérémonie, le ministre délégué chargé de la Production vivrière, Bernard Comoé Killi, représentait le ministre de la Jeunesse et de l’Insertion professionnelle. Il a profité de l’occasion pour livrer un plaidoyer vigoureux en faveur de la formation technique, en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Général Vagondo Diomandé, et du ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot.

Le message central de son intervention : en finir avec l’idée que les filières techniques seraient une orientation de repli pour les élèves en difficulté. « L’enseignement technique n’est pas une orientation par défaut. Il n’est pas réservé à ceux qui auraient échoué dans l’enseignement général. Il constitue une voie d’excellence, une voie d’avenir et une voie d’émancipation », a-t-il martelé, citant la maintenance industrielle, l’électricité, la mécanique, le bâtiment, l’informatique ou encore l’agriculture moderne comme autant de métiers porteurs pour le pays.
Face à un marché du travail bouleversé par les mutations technologiques, le ministre a rappelé qu’un diplôme ne suffit plus : il faut désormais un savoir-faire concret et une capacité d’adaptation. « Ils permettent de passer de la connaissance à la compétence, de la compétence à l’emploi et, dans de nombreux cas, de l’emploi à la création d’entreprise », a-t-il souligné, plaidant pour des liens plus étroits entre écoles, entreprises et territoires.
Cette ambition s’inscrit dans une politique nationale plus large : porter la part des effectifs de l’enseignement technique et professionnel dans le secondaire de 6,2 % à 15 %. Un objectif que le ministre veut atteindre en impliquant davantage les entreprises dans la définition des compétences, en multipliant les stages et l’apprentissage, et en modernisant régulièrement équipements et programmes.
S’adressant directement aux jeunes du Tonkpi, Bernard Comoé Killi a mis en avant le potentiel économique de la région – agriculture, tourisme, artisanat, commerce, culture – comme autant de gisements d’emplois à travers la transformation agricole, le bâtiment, l’hôtellerie ou le numérique. Il les a invités à faire de leur formation le point de départ d’un vrai projet de vie, porté par la curiosité, la discipline et l’esprit d’initiative.
Le ministre n’a pas manqué d’interpeller parents, entreprises et formateurs sur leur rôle dans l’accompagnement des jeunes, avec un mot particulier pour les jeunes filles, qu’il a encouragées à s’engager sans complexe dans les filières scientifiques et technologiques.
Pour lui, ce salon ne doit pas se limiter à une simple découverte des métiers : il doit déboucher sur des orientations concrètes, des partenariats et davantage de stages. « Notre ambition doit être simple : faire en sorte qu’aucun jeune ne soit laissé sans compétence, sans accompagnement et sans perspective », a-t-il conclu, assurant que l’avenir de la Côte d’Ivoire se construira « dans nos ateliers, nos centres de formation, nos laboratoires et nos entreprises ».
Kindo Ousseny
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