Man: L’enseignement technique à la conquête de la jeunesse pour accélérer l’industrialisation

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Le dimanche 09 août, le lycée technique et professionnel de Man a abrité la première édition régionale du Salon national de l’enseignement technique (SNET), une initiative qui rapproche les opportunités de formation des populations et fait mieux connaître les métiers techniques aux jeunes.

Organisée au lendemain de la fête nationale, cette étape régionale a réuni autorités administratives, élus, responsables d’établissements, formateurs, entreprises, parents et apprenants autour d’un même enjeu : faire de la formation technique un véritable levier de développement économique et d’industrialisation pour la Côte d’Ivoire. Le thème retenu, « L’enseignement technique, levier de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire », résume cette ambition.

Présidée par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général de corps d’armée Vagondo Diomandé, la cérémonie a été l’occasion d’appeler à un changement de regard sur cette filière.

Le premier flic ivoirien a salué cette démarche de proximité, portée selon lui par le succès de la première édition nationale du 25 avril 2026 au lycée technique d’Abidjan. « Une administration qui va à la rencontre des citoyens est mieux qu’une administration qui attend que les citoyens viennent vers elle », a-t-il affirmé, invitant les jeunes à profiter du salon pour découvrir les métiers, échanger avec les professionnels et affiner leur orientation.

Le ministre délégué chargé de l’Enseignement technique, Jean-Louis Moulot, a déploré les préjugés qui la présentent encore comme une orientation de dernier recours. « L’enseignement technique n’est pas une orientation par défaut », a-t-il insisté, y voyant au contraire une voie d’avenir fondée sur la rigueur, la créativité et l’innovation.

Le choix de Man pour cette première étape régionale n’a rien d’un hasard. Le Tonkpi possède des atouts agricoles, miniers, artisanaux, touristiques, commerciaux et culturels qui réclament une main-d’œuvre qualifiée. Pour Jean-Louis Moulot, rapprocher le salon des territoires permet justement d’adapter les formations aux réalités locales : les activités minières, agro-industrielles, artisanales et touristiques de la région dessinent autant de compétences à préparer dès aujourd’hui, en s’appuyant sur des partenariats entre établissements de formation et entreprises.

Le maire de Man, Aboubakar Fofana, a appuyé ce discours par son propre parcours. Passé par la série G2 jusqu’à l’expertise comptable, il en tire une conviction simple : « L’enseignement technique permet de réussir. Ce n’est pas l’endroit où on envoie les enfants qui n’ont pas réussi. » Il a invité parents et jeunes à changer de regard sur ces formations.

Le directeur de la pédagogie et des curricula, N’Guessan Kouamé Francis, a ensuite détaillé le dispositif : l’enseignement technique démarre en classe de seconde, tandis que la formation professionnelle, accessible à différents niveaux, vise l’acquisition directe de compétences liées à un métier. Objectif commun : donner aux apprenants les savoirs et savoir-faire nécessaires pour poursuivre leurs études, entrer dans la vie active ou évoluer professionnellement.

Les stands ont donné à voir la diversité des filières possibles : mécanique automobile, construction métallique, chaudronnerie-soudure, maintenance agricole, électricité industrielle et bâtiment, électronique, froid-climatisation, travaux publics, mines, hôtellerie, logistique, comptabilité, agriculture, pêche, esthétique, numérique. Plusieurs de ces métiers — maintenance industrielle, soudure, conduite d’engins, électricité — répondent déjà à une forte demande sur le marché du travail.

Représentant le ministre de la Jeunesse et de l’Insertion professionnelle, parrain du salon, le ministre délégué chargé de la production vivrière, Bernard Comoé Killi, a rappelé que l’enjeu dépasse le diplôme. Il faut, a-t-il dit, aller « de la connaissance à la compétence, de la compétence à l’emploi et, souvent, de l’emploi à la création d’entreprise ». Pour lui, aucune nation ne s’industrialise sans techniciens qualifiés, ne modernise son agriculture sans compétences adaptées, ni ne réussit sa transformation numérique sans jeunes formés aux nouvelles technologies.

La cérémonie s’est achevée par la visite des stands des entreprises et des structures étatiques dédiées à l’enseignement technique et à la formation professionnelle. À Man, le SNET aura ainsi ouvert une nouvelle fenêtre sur l’avenir de la jeunesse : l’industrialisation de la Côte d’Ivoire passera aussi par ses ateliers, ses laboratoires, ses centres de formation, et par une génération capable de transformer ses compétences en emplois, en innovations et en entreprises.

Kindo Ousseny

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