Cacao invendu: La Centrale syndicale agricole tire la sonnette d’alarme

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Le 15 août 2026 dans la salle de réunion du siège de la Centrale Syndicale Agricole de Côte d’Ivoire, quartier Babadjan à Man, l’atmosphère était studieuse ce samedi. Des délégués venus des quatre départements du Tonkpi, ainsi que de Touba et de Toulepleu, se sont réunis pour évoquer un sujet qui inquiète le monde agricole régional : le sort du stock résiduel de cacao de la traite 2025-2026, toujours entreposé dans les magasins des sociétés coopératives, alors que la campagne prochaine s’annonce déjà.

La rencontre intervenait dans un contexte particulier. Ces derniers jours, une information a largement circulé sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias, annonçant que l’État de Côte d’Ivoire avait procédé à l’enlèvement des 100 000 dernières tonnes de stock résiduel de cacao. Une annonce que les producteurs du Tonkpi, eux, ne reconnaissent pas dans leur réalité quotidienne. C’est précisément pour rétablir les faits, à partir du terrain, que la centrale syndicale a choisi de réagir publiquement.

Au terme de leurs échanges, les délégués ont été unanimes : du cacao de la traite passée demeure bel et bien entreposé dans les magasins de plusieurs coopératives de la région. Une déclaration commune a alors été rédigée, puis lue et signée par le vice-président de la centrale en charge de la zone ouest, Diomandé Abdoulaye, devant l’ensemble des participants.

Dans ce texte, l’organisation prend d’abord soin de saluer les efforts de l’État de Côte d’Ivoire, sous la conduite du président de la République Alassane Ouattara et de son gouvernement, pour l’écoulement de la production nationale. Mais elle pointe aussitôt une difficulté bien réelle : le Conseil du Café-Cacao (CCC) ayant mis fin à l’enlèvement du stock résiduel, de nombreux producteurs se retrouvent avec des sacs de cacao tracés et scellés au titre de la campagne 2025-2026, qu’ils n’ont pas pu vendre.

Pour ces familles, la situation dépasse la simple question logistique. Le cacao reste, pour l’essentiel des producteurs du Tonkpi, la principale source de revenus : c’est lui qui finance la scolarité des enfants, les travaux agricoles à venir et les besoins quotidiens des foyers. Voir ce stock immobilisé dans les magasins, sans perspective d’enlèvement, expose donc directement ces familles à des difficultés financières que la centrale juge préoccupantes.

C’est dans cet esprit que l’organisation a décidé de solliciter officiellement l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) café-cacao, afin qu’elle porte la préoccupation des producteurs auprès du CCC et plaide pour une solution urgente, dans le respect des mécanismes et dispositions réglementaires en vigueur. La centrale a tenu à préciser qu’il ne s’agit ni de créer une polémique dans la filière, ni de remettre en cause les efforts déjà consentis par les décideurs, mais bien de préserver les intérêts des producteurs et d’éviter des pertes économiques pour les familles agricoles.

L’urgence, désormais, se mesure aussi au calendrier : la campagne 2026-2027 s’ouvre le 1er septembre prochain. À quelques jours de cette échéance, de nombreux paysans du Tonkpi restent avec leur récolte précédente sur les bras, entre attente et incertitude. La balle est désormais dans le camp de l’OIA café-cacao et des autorités compétentes, à qui la Centrale Syndicale Agricole demande une réponse rapide, avant que la nouvelle traite ne vienne se superposer à un stock qui, lui, n’a toujours pas trouvé preneur.

Kindo Ousseny

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