Le 19 août 2026, la Direction de Zone Ouest (DZO) de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) a présenté aux communautés riveraines de la Réserve Naturelle Intégrale du Mont Nimba (RNIMN) un nouveau mécanisme de financement des microprojets d’Activités Génératrices de Revenus (AGR). L’annonce, faite lors d’une séance de sensibilisation à la Sous-préfecture de Gbon-Houyé, a suscité un vif intérêt chez les participants venus des villages riverains de cette aire protégée classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il est un peu plus de 10 heures lorsque le Sous-préfet de Gbon-Houyé, Brou Alléby Claver, ouvre les travaux. Face à lui : chefs de villages, notables, planteurs, ménagères et autorités religieuses, réunis à l’initiative de la DZO.
Sept thématiques figuraient au programme, toutes liées à la conservation et à la gestion durable de la réserve. Mais une annonce a rapidement capté l’attention de la salle : le lancement de ce nouveau dispositif de financement destiné à soutenir les projets d’AGR portés par les communautés.
C’est le Capitaine SINAYOKO Yaya, Chargé des Mesures Riveraines (CMR) de la DZO, qui a présenté le dispositif : catégories de projets éligibles, procédures de soumission, critères de sélection et calendrier de mise en œuvre.
Pour lui, ce mécanisme est une main tendue aux populations qui vivent au quotidien aux abords du Nimba. L’objectif est que chaque village, chaque groupement, chaque comité puisse porter un projet générateur de revenus dans des filières qui ne mettent pas en péril la réserve, (transformation agroalimentaire, apiculture, petit élevage, artisanat).

À travers ces alternatives, l’OIPR entend réduire la pression sur les ressources naturelles de la RNIMN et impliquer davantage les populations dans la préservation de ce patrimoine.
Le Sous-préfet de Gbon-Houyé a salué cette approche. Selon lui, sensibiliser contre le braconnage ne suffit pas : il faut l’accompagner de solutions économiques concrètes. Ce mécanisme, a-t-il estimé, apporte enfin cette réponse.
Le Chef du secteur Nimba, Lieutenant-Colonel Koffi Assari, partage cette analyse. Pour lui, braconnage et intrusions ne sont souvent que le symptôme d’un manque d’alternatives ; financer des activités compatibles avec la préservation du massif revient donc à s’attaquer à la racine du problème. Il a invité les communautés à s’approprier pleinement ce nouvel outil.
L’annonce a été accueillie avec enthousiasme, mais elle a aussi fait naître des interrogations, notamment sur la capacité des comités villageois à monter des dossiers de financement.

Porte-parole des chefs de villages, Ouangnet Bieu Gbeu, chef du village de Gbon-Houyé, a salué l’initiative tout en appelant l’OIPR à accompagner les bénéficiaires, village par village, pour apprendre à constituer et défendre leurs projets.
Le CMR a pris cette préoccupation en compte, annonçant la transmission prochaine de supports détaillés aux chefs de villages ainsi que des sessions de formation au montage de dossiers.
La question de l’accès des femmes au financement a également été soulevée. Ban Isabelle Bian, présidente des femmes de la localité, a plaidé pour que le dispositif profite réellement aux initiatives féminines de transformation et de petit commerce, pas seulement en théorie.
La séance a aussi permis d’aborder la lutte contre le braconnage et les intrusions frauduleuses, le rôle des communautés dans la gestion durable de la réserve, le Prix Vert du meilleur village écocitoyen 2026 et la Journée socioculturelle 2026. Les participants ont en outre pris part à un exercice cartographique inédit sur l’extension de la zone périphérique de la RNIMN qui vera la prise en compte d’autres villages de la Sous-préfecture de Gbon-houyé.
Au terme des échanges, le mécanisme de financement des AGR s’est imposé comme le principal point d’intérêt de la rencontre, les participants exprimant leur hâte de voir se concrétiser l’accompagnement au montage des dossiers puis le financement effectif des projets retenus.
La journée s’est achevée sur des engagements réciproques, dont la désignation de points focaux villageois chargés de suivre, aux côtés de la DZO, la mise en œuvre du mécanisme sur le terrain — une nouvelle étape vers un rapprochement entre conservation de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des populations riveraines du Mont Nimba.
KINDO Ousseny
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