Man: Vagondo Diomande hausse le ton contre la violence

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C’est un ministre à la fois compatissant et intraitable qui a foulé le sol de Man cette semaine. En visite dans la cité des montagnes pour renforcer les capacités opérationnelles du Centre de protection civile, le général de corps d’armée Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, n’a pas fait dans la demi-mesure : réconfort d’un côté pour les victimes des incendies, mise en garde ferme de l’autre pour une jeunesse jugée trop prompte à la contestation.

Sa tournée a débuté sur les ruines encore fumantes de l’ancien cinéma Olympia, ravagé par un incendie le 26 août dernier. De là, direction la préfecture de Man, où autorités administratives, élus et commerçants sinistrés l’attendaient. « Je suis là en tant que fils de la région et membre du gouvernement. Je viens au nom du gouvernement pour ce énième incendie », a-t-il lancé, porteur du message de compassion du président Alassane Ouattara.

Sur le terrain, le constat est amer. Selon les responsables du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, onze commerçants ont vu leurs biens partir en fumée, dont trois magasins entièrement détruits. Produits phytosanitaires, quincaillerie, électroménager, machines et caisses : les pertes matérielles avoisinent le milliard de francs CFA.

Porte-voix des sinistrés, Alpha Barry n’a pas caché son émotion face à la réactivité des autorités, tout en dressant le bilan douloureux de plusieurs années de commerce parties en cendres. Il a plaidé pour un accompagnement du chef de l’État afin de permettre aux victimes de se relever. En réponse, le ministre a annoncé une enveloppe de 2,5 millions de francs CFA pour les sinistrés et 500 000 francs CFA destinés aux sapeurs-pompiers civils mobilisés sur le front des incendies.

Mais c’est sur un tout autre registre que le ministre a haussé le ton. Revenant sur les tensions récentes autour de Zouzousso et les actes de contestation enregistrés à Man, Vagondo Diomandé a durci son propos à l’endroit d’une partie de la jeunesse régionale. « Je condamne les agissements de la jeunesse de la région. La jeunesse s’est attaquée à un cadre de Zouzousso. Cette même jeunesse a barricadé des rues de Man », a-t-il dénoncé sans détour.

Le ton se voulait paternel autant que ferme : « Je vais regarder les jeunes droit dans les yeux. Ce n’est pas l’éducation que nos parents nous ont donnée. Nos parents ne nous ont jamais dit de nous attaquer aux aînés, de cultiver la violence », a-t-il martelé, avant d’appeler au dialogue et à la tolérance comme seules voies de résolution des différends.

Puisant dans l’héritage du vivre-ensemble légué par Félix Houphouët-Boigny, le ministre a exhorté la jeunesse à mesurer la portée de ses actes, souhaitant que Man ne revive plus jamais pareilles scènes. Son avertissement, sobre mais lourd de sens, a résonné comme un rappel à l’ordre : « Ne gâtez pas pour venir demander pardon !»

Sur le volet sécuritaire, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement à doter le Centre de protection civile de Man de moyens renforcés, avec notamment la promesse d’un fourgon pompe-tonne de 3 500 litres pour les sapeurs-pompiers civils. Il a également appelé les populations à la vigilance : « Un incendie ne se déclare pas tout seul. Pensons à nous-mêmes », a-t-il exhorté.

De leur côté, le préfet de région et les autorités locales se sont engagés à intensifier les efforts de prévention face à des sinistres qui, année après année, continuent d’éprouver la ville de Man.

Au terme de cette visite, un double message se dégage : la solidarité du gouvernement envers les commerçants meurtris par les flammes, et un appel sans équivoque à la jeunesse du Tonkpi à renouer avec la paix, le respect des aînés et le dialogue.

Kindo Ousseny

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