Le village de Fouala, dans la sous-préfecture de Dioman, a vécu une journée mémorable le mardi 23 décembre dernier à l’occasion de la cérémonie officielle de remise d’une pompe hydraulique à motricité humaine offerte par l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR). Prévue sobrement, la cérémonie s’est rapidement transformée en une véritable fête populaire, rythmée par des danses traditionnelles exécutées par les femmes du village, visiblement soulagées de voir enfin se concrétiser l’accès à l’eau potable.

Placée sous le signe de la solidarité et du développement communautaire, la cérémonie a enregistré la présence du sous-préfet de Guintéguéla, N’Failissou Serge Kouassi, représentant son collègue de Dioman. Il était accompagné de son homologue de Sifié, Madame Irié Lou Irié Clestine. Autorités administratives, leaders communautaires et populations se sont mobilisés pour saluer cet acte social fort posé par l’OIPR au bénéfice d’un village riverain du Parc national du Mont Sangbé.
Prenant la parole, le colonel Zannou Moïse, directeur de la zone Ouest de l’OIPR, a rappelé le sens de cette action. « Si nous sommes ici, c’est pour respecter un engagement que nous avons pris à la suite d’une demande que le village de Fouala nous a adressée », a-t-il déclaré. Il a souligné que le rôle de l’OIPR, au-delà de la conservation du parc, est aussi de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines, afin de renforcer la collaboration pour une meilleure protection du patrimoine naturel.
Remettant officiellement les clés de la nouvelle pompe, entièrement réalisée par l’OIPR, le directeur de zone a exhorté les bénéficiaires à en prendre grand soin. « Nous vous prions de bien prendre soin de l’ouvrage afin que vous puissiez toujours bénéficier de l’eau potable », a-t-il insisté, rappelant que cette infrastructure symbolise un lien de confiance entre l’institution et la communauté.

Au nom des habitants, le porte-parole du village, Méman Soumahoro, a exprimé une profonde gratitude. Il a expliqué que Fouala, créé à l’origine par des chasseurs loin des cours d’eau, souffre depuis toujours d’un grave déficit en eau potable. « Le premier et unique forage date de 1974 et est pratiquement hors d’usage. Nos femmes parcouraient de longues distances pour avoir de l’eau », a-t-il confié, qualifiant la nouvelle pompe de « grand soulagement ». En retour, le village s’est engagé à accompagner l’OIPR dans la protection du Parc national du Mont Sangbé, considéré comme un bien commun.
Représentant le sous-préfet de Dioman, N’Failissou Serge Kouassi, Sous-préfet de Guintéguéla a, quant à lui, donné une portée symbolique forte à l’événement. Il a invité les populations à considérer cette réalisation comme « un pacte entre l’OIPR et le village de Fouala ». Selon lui, si l’État et l’OIPR se préoccupent de la vie humaine en apportant l’eau, les populations doivent également se soucier de la vie animale et végétale en devenant les premiers gardiens du parc.
Il a exhorté les villageois à lutter contre le braconnage et toute activité illégale, en signalant les comportements suspects. « Ce n’est pas les braconniers qui vous ont donné l’eau potable, c’est l’OIPR », a-t-il martelé, appelant à préserver ce partenariat pour bénéficier durablement d’infrastructures et d’un mieux-être collectif. La mise en place d’un comité de gestion de la pompe a été recommandée afin d’assurer sa pérennité.
À Fouala, l’eau potable est désormais bien plus qu’une ressource vitale : elle est devenue le symbole d’un engagement partagé entre développement local et conservation du Parc national du Mont Sangbé.
Kindo Ousseny
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