La cérémonie officielle de remise des Prix verts de la Réserve de faune et de flore du Haut Bandama s’est tenue le 29 décembre 2025 à Bouandougou, dans une atmosphère à la fois solennelle et festive. Institués pour encourager les bonnes pratiques environnementales, ces prix s’imposent désormais comme un puissant levier de mobilisation communautaire autour de cette aire protégée stratégique.

Créée en mars 1973, la Réserve de faune et de flore du Haut Bandama a longtemps été confrontée à de fortes pressions anthropiques. Toutefois, depuis février 2014, avec sa prise en charge effective et la multiplication des séances de sensibilisation, les populations riveraines ont progressivement adhéré au projet de conservation. Cette dynamique nouvelle a ouvert la voie à une gestion plus participative de la réserve. C’est dans cette optique que le concours du Meilleur Prix Vert a été lancé cette année, avec l’appui du projet Makoré.
L’initiative vise à valoriser les villages qui se distinguent par des actions concrètes en faveur de la protection de l’environnement et de la biodiversité autour de la réserve du Haut Bandama. À travers ce mécanisme incitatif, l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) entend renforcer l’engagement communautaire et faire de chaque village riverain un acteur clé de la conservation durable.
La cérémonie de remise des prix a enregistré la présence remarquée des sous-préfets de Marandallah, Tortiya, Niakara, Katiola et Bouandougou, traduisant l’intérêt des autorités administratives pour cette initiative environnementale. La rencontre était présidée par le préfet de la région du Béré, préfet du département de Mankono, Monsieur Diomandé Cyrille Ambroise.
Représentant le Directeur général de l’OIPR, le Colonel-major Kassoum Ouattara a salué l’esprit du Prix Vert, qu’il a présenté comme un outil essentiel de responsabilisation des communautés riveraines. « La protection de la Réserve de faune et de flore du Haut Bandama ne peut être durable que si les populations locales se l’approprient et en deviennent de véritables partenaires », a-t-il déclaré. Il a également souligné que « ce prix est une reconnaissance des efforts consentis par les villages qui ont fait le choix de la préservation de leur environnement ».

Au terme de l’évaluation, le village de Tabakoro-Dierré, dans la sous-préfecture de Bouandougou, a été classé premier. Il a remporté une dotation de cinq (5) millions de francs CFA, récompensant ses pratiques exemplaires en matière de préservation de l’environnement. Le deuxième prix est revenu au village de Latokaha, dans la sous-préfecture de Niakara, avec une enveloppe de deux (2) millions de francs CFA, tandis que le troisième prix, doté de un (1) million de francs CFA, a été attribué au village de Zanakaha, dans la sous-préfecture de Tortiya.
La cérémonie a connu une forte mobilisation, avec la participation de l’ensemble des villages riverains de la sous-préfecture de Bouandougou, ainsi que d’au moins deux représentants des autres villages riverains de la réserve. Cette affluence témoigne de l’intérêt croissant des communautés pour le Prix Vert et, plus largement, pour les enjeux liés à la conservation de la biodiversité.
Moment de reconnaissance mais aussi de célébration, l’événement a été rehaussé par plusieurs prestations de danses traditionnelles, contribuant à la réussite de la fête. Au-delà des récompenses financières, le Prix Vert du Haut Bandama s’affirme comme un symbole fort : celui d’une alliance renouvelée entre l’administration, les structures de conservation et les communautés villageoises pour la sauvegarde durable d’un patrimoine naturel commun.
Kindo Ousseny
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