La première session de l’année du Comité de gestion locale (CGL) du Parc national du Mont Péko s’est tenue le lundi 18 mai 2026 dans une atmosphère studieuse et engagée, réunissant autorités administratives, responsables de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), partenaires techniques et populations riveraines. Au cœur des échanges dans un hôtel de Duékoué: le bilan des actions menées en 2025, les perspectives pour 2026 et la consolidation d’une gestion participative du parc.

Dès l’entame des présentations, le colonel Assui Wa Kassi N’guessan Dawy, chargé d’étude à la direction de zone Ouest de l’OIPR, a dressé un bilan global des activités de l’année écoulée. Il a mis en lumière les efforts déployés pour la surveillance du parc, la sensibilisation des communautés et la restauration progressive du couvert forestier. Malgré des défis persistants, notamment les pressions anthropiques, il a salué les avancées enregistrées grâce à l’implication des acteurs locaux.
Dans la même dynamique, le lieutenant-colonel Beda Ange Alex, chargé du suivi écologique et du système d’information géographique, a présenté les résultats du suivi écologique. Les données collectées révèlent une amélioration progressive de certains indicateurs biologiques, signe d’un retour progressif de la biodiversité. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de maintenir la vigilance et de renforcer les dispositifs de suivi pour consolider ces acquis.

L’attention des participants s’est ensuite portée sur les initiatives communautaires, avec la présentation des termes de référence du concours « Prix vert » par le capitaine Sinayoko Yaya, chargé des mesures riveraines. Ce concours vise à encourager les bonnes pratiques environnementales dans les villages riverains, à travers des récompenses incitatives. Une initiative saluée pour son potentiel à renforcer l’engagement des populations dans la protection du parc.
Prenant la parole, le colonel Zannou Moïse, directeur de la zone Ouest de l’OIPR, a présenté le Plan d’action annuel (PAA) 2026, validé dans le cadre du projet pilote de partenariat public-privé (PPP) impliquant Barry Callebaut, IDH et l’OIPR. Ce plan prévoit des actions concrètes en matière de conservation, de développement local et de gouvernance participative. Il a également annoncé la poursuite du concours « Prix vert », avec des récompenses allant jusqu’à 5 millions de francs CFA pour les villages les plus engagés.

Dans le même élan, la représentante de Care International, Mme Gué Marie Pierre, a salué les avancées enregistrées tout en réaffirmant l’engagement de son organisation à accompagner durablement les communautés riveraines. Elle a insisté sur le renforcement des moyens de subsistance alternatifs et la sensibilisation, comme leviers essentiels pour consolider les acquis de la conservation.
Dans son discours de bienvenue et de cadrage, le colonel Gonto Gbassaha, représentant le directeur général de l’OIPR, a rappelé l’importance du Comité de gestion locale comme cadre de concertation. Revenant sur l’historique de cet organe créé en 2002 dans le cadre des réformes du Programme cadre de gestion des aires protégées, il a souligné son rôle essentiel dans la planification, la consultation et la prise de décision participative. « Le CGL doit permettre de mutualiser les efforts et d’agir ensemble pour la conservation », a-t-il insisté.
Le représentant du directeur général n’a pas manqué de rappeler le passé difficile du parc, autrefois classé parmi les aires protégées les plus menacées. « En 2014, le Mont Péko était en train de perdre ses valeurs écologiques, avec un couvert forestier transformé en plantations de cacao », a-t-il déploré, avant de saluer les progrès réalisés grâce aux actions conjuguées de l’OIPR et des communautés. Aujourd’hui, a-t-il affirmé, le parc amorce une phase de restauration encourageante.

Procédant à l’ouverture officielle de la session, le préfet de la région du Guémon, préfet du département de Duékoué, Addoh Tano, a appelé à une responsabilité collective dans la gestion du parc. Il a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les populations locales, estimant que « la gestion des aires protégées ne peut plus être l’affaire des seuls techniciens ». Pour lui, la restauration du Mont Péko est indissociable du bien-être des populations.
Dans une adresse empreinte de réalisme et d’espoir, le préfet a invité les participants à faire de cette session un cadre d’échanges constructifs et orientés vers des solutions concrètes. Il a notamment exhorté les chefs de villages à intensifier la sensibilisation des populations afin de réduire les infiltrations dans le parc. « Notre survie dépend de cet écosystème », a-t-il martelé, soulignant l’importance vitale du massif forestier.
La session s’est achevée sur des mots de remerciement et d’encouragement du colonel Gonto Gbassaha, suivis de la clôture officielle prononcée par le préfet Addoh Tano. Tous ont salué la qualité des échanges et réaffirmé leur engagement à poursuivre les efforts pour la conservation du Parc national du Mont Péko. Sur le terrain, entre attentes des populations et exigences de protection, le défi reste immense, mais la dynamique collective semble désormais bien enclenchée.
Kindo Ousseny
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