
L’ouverture des travaux a réuni plusieurs autorités administratives et techniques, témoignant de l’importance accordée à cet exercice annuel d’évaluation. Prenant la parole au nom du Directeur général de l’OIPR, le colonel Amon Koutoua Benoît, Directeur technique de l’institution, a donné le ton dès l’entame des travaux.
« L’OIPR est pleinement engagé à renforcer les actions de conservation et à maintenir une rigueur constante dans l’exécution des activités planifiées. Chaque trimestre compte, et nous devons tirer les leçons de nos performances pour ajuster notre action sur le terrain. » a déclaré le Colonel Amon Koutoua Benoît, Directeur technique de l’OIPR
Représentant le préfet de la région du Bounkani, Ouattara Tchessakana, sous-préfet de Kong, a quant à lui insisté sur l’impérieuse nécessité d’une action concertée entre institutions et populations. « Les efforts déployés sur le terrain sont réels et méritent d’être salués. Mais la conservation ne peut être durable sans une synergie véritable entre les services de l’État et les communautés locales. C’est ensemble que nous préserverons ce patrimoine exceptionnel » a indiqué le sous-préfet de Kong.
Voix des populations riveraines, Bedi Bimpe II, chef de la province de Yalo, a exprimé avec conviction l’adhésion de sa communauté à la démarche de préservation du parc, tout en portant des attentes concrètes. « Nos communautés soutiennent les actions de préservation du parc. Mais la conservation doit aussi profiter à ceux qui vivent à ses portes. Nous appelons à des retombées concrètes pour les villages environnants : c’est la clé d’une protection durable et acceptée par tous. » a-t-il souligné.
Au plan technique, les participants ont passé en revue les activités de surveillance et de conservation. À l’issue du premier trimestre, le taux de réalisation s’établit à 16 % pour un objectif de 22 %, soit une performance de 72 %. Si ces résultats sont jugés satisfaisants, ils n’occultent pas la réalité des menaces anthropiques persistantes, notamment le braconnage et l’orpaillage clandestin.
Dans ce contexte, l’outil SMART (Spatial Monitoring and Reporting Tool) s’impose comme un levier essentiel pour renforcer l’efficacité des patrouilles et améliorer la couverture de surveillance du parc. Son déploiement systématique constitue l’une des priorités opérationnelles des mois à venir.
L’atelier a également permis de souligner le rôle déterminant des partenaires techniques et financiers. La coopération allemande, à travers la GIZ et la KfW, continue d’apporter un appui significatif, notamment en faveur des communautés riveraines. Ces soutiens structurels permettent d’inscrire les actions de conservation dans la durée.
Sur le plan scientifique, les chercheurs de l’Université Nangui Abrogoua ont présenté les résultats de l’inventaire floristique 2025, contribuant à une meilleure connaissance de la biodiversité végétale du parc. Ces données constituent un socle scientifique indispensable pour orienter les stratégies de restauration et de protection des écosystèmes.
Pour les mois à venir, l’OIPR entend intensifier ses actions avec trois priorités majeures : la restauration des sites dégradés par l’orpaillage, le renforcement du dispositif vétérinaire pour la faune, et la mise en place d’une photothèque floristique de référence.
Par ailleurs, l’opérationnalisation prochaine du centre de santé de Yalo a été annoncée lors de la séance. Intégré à la carte sanitaire nationale, cet établissement est appelé à améliorer sensiblement l’accès aux soins pour les populations locales. Cette initiative illustre la volonté affichée de faire de la conservation un véritable levier de développement humain pour les communautés riveraines.
Inscrit sur la Liste verte de l’UICN depuis mai 2025, le Parc national de la Comoé confirme, à travers ce premier bilan 2026, son positionnement en tant que modèle de gestion durable en Afrique de l’Ouest. La qualité des échanges tenus à Bouna témoigne d’une dynamique collective où rigueur, science et ancrage communautaire s’articulent pour préserver un patrimoine naturel d’exception.
Une correspondance de Magbè Diakite Bamba
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