Réunis les 14 et 15 avril 2026 à la mairie de Biankouma, les acteurs de la conservation ont planché sur l’avenir du dispositif de surveillance du Parc national du Mont Sangbé, au cours d’un atelier technique initié par l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR). Cette rencontre stratégique visait à évaluer le plan de surveillance mis en œuvre depuis 2020, tout en jetant les bases d’un nouveau cadre d’intervention pour les années à venir.

Dans un contexte marqué par des pressions persistantes sur les ressources naturelles, cet atelier s’inscrit dans une dynamique d’amélioration continue des outils de gestion des aires protégées. D’une superficie de plus de 97554 hectares, le Parc national du Mont Sangbé demeure un maillon essentiel de la conservation des écosystèmes de montagne en Côte d’Ivoire. Après cinq années de mise en œuvre du plan de surveillance, jugées globalement satisfaisantes, l’heure était à l’analyse et à la projection.
Dès l’ouverture des travaux, le colonel Assui Wa Kassi N’Guessan Dawy, représentant le directeur de zone ouest de l’OIPR, a situé les enjeux de la rencontre. Il a rappelé que le plan initial, couvrant la période 2020-2022, n’avait pu être révisé à temps faute de moyens, avant de saluer l’appui du partenariat public-privé, notamment avec l’association Barry Callebaut, qui a permis la tenue de cet atelier. « Nous sommes ici pour travailler sur un outil très important (…) afin de lui donner un nouveau souffle », a-t-il indiqué.
Procédant à l’ouverture officielle, le colonel N’dri Pascal, représentant le directeur technique de l’OIPR, a insisté sur le caractère stratégique de cet exercice. Pour lui, l’évolution des menaces et des méthodes impose une mise à jour régulière des outils de surveillance. Il a ainsi invité les participants à des échanges francs et approfondis afin de bâtir un document adapté aux réalités actuelles du terrain. « Les outils évoluent, les menaces aussi. Il est donc important de réviser nos approches », a-t-il souligné.

Au cœur des travaux, plusieurs communications ont permis d’éclairer les participants. Le commandant Gondo Patrice, coordonnateur de la brigade mobile, a présenté le bilan du plan de surveillance sur la période 2020-2025, mettant en évidence les acquis et les défis rencontrés. De son côté, le colonel Beda Ange Alex, chargé du suivi écologique et du système d’information géographique, a exposé les outils innovants mobilisables pour renforcer l’efficacité des actions de terrain.
Au fil des échanges, les participants, issus des services techniques, des communautés riveraines et des partenaires, ont partagé leurs expériences et formulé des contributions en vue de l’amélioration du futur plan. Les discussions ont notamment porté sur la nécessité de renforcer la coordination des interventions, d’intégrer les nouvelles technologies et de mieux prendre en compte les réalités environnementales et sociales du parc.
Les recommandations issues de l’atelier traduisent cette volonté collective de consolider les acquis. Elles mettent l’accent sur le renforcement du dispositif opérationnel, l’amélioration de la planification stratégique pour la période 2026-2028, ainsi que sur la modernisation des outils de suivi et d’analyse. La prise en compte des enjeux liés aux activités humaines, notamment les pressions environnementales, ainsi que le renforcement des capacités des agents figurent également parmi les priorités.

Clôturant les travaux, le colonel N’dri Pascal s’est félicité de la qualité des contributions et de la forte implication des participants. Il a indiqué que les résultats de cet atelier serviront non seulement à l’élaboration du nouveau plan de surveillance, mais également à nourrir les réflexions stratégiques au niveau national. « Nous avons posé les bases d’un nouveau plan pour les prochaines années », a-t-il affirmé.
Dans une ambiance empreinte de satisfaction, le colonel Assui Wa Kassi N’Guessan Dawy a, au nom de la direction de zone, exprimé sa gratitude à l’ensemble des acteurs, en particulier aux communautés riveraines pour leur engagement constant. L’atelier de Biankouma marque ainsi une étape décisive vers un dispositif de surveillance plus adapté, au service de la préservation durable du Parc national du Mont Sangbé.
Kindo Ousseny
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