Man: L’INFAS célèbre ses premiers infirmiers et sage- femmes

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L’INFAS de Man a vécu, ce samedi 25 avril, une journée historique et festive : port de blouse pour les étudiants de la troisième promotion et prestation de serment pour la première promotion sortante forte de 393 infirmiers et sage-femmes, maïeuticiens. Promotion Albert Flindé.

Il était à peine 8h30 ce samedi matin quand la voie principale de Grand Gbapleu a résonné du pas cadencé des futurs soignants. Infirmiers, sages-femmes et maïeuticiens en tenue impeccable ont défilé depuis la place du Conseil Régional jusqu’à l’antenne de l’INFAS, sous les regards admiratifs des riverains. Fanfare dans les cœurs, fierté dans les yeux : la ville des Dix-Huit Montagnes vivait l’histoire.

Sur le terrain de l’INFAS aménagé pour la circonstance, invités, parents et autorités ont pris place dans une ambiance de fête maîtrisée. Après les libations traditionnelles et les prières interconfessionnelles, la présidente du comité d’organisation, Mme Kambo née Doho Dohou Marie, a ouvert le bal des discours avec émotion et gratitude. « Cette blouse blanche n’est pas un simple vêtement, c’est le symbole de la pureté et de la responsabilité », a-t-elle déclaré, avant de remercier chaleureusement le parrain, le ministre Dr Albert Flindé, et la marraine Mme Kansa Antoinette, sage-femme à la retraite dont la présence bienveillante a ému plus d’un.

Le maire de Man, Aboubakar Fofana, a tenu à rappeler que cette journée allait bien au-delà d’une simple remise de vêtements de travail. « Man n’est plus seulement une ville touristique. Man devient une ville qui forme ceux qui sauvent des vies », a-t-il lancé sous les applaudissements. Engageant la municipalité à tout mettre en œuvre pour que les étudiants travaillent dans les meilleures conditions, il a conseillé aux nouveaux diplômés de cultiver avant tout la passion, « la seule chose qui peut vous réveiller le matin pour aller au travail ».

Au nom de la première promotion baptisée « Albert Flindé », le président Ebrotié Judicael a pris la parole avec une solennité touchante. « Nous avons été marqués par des défis, des efforts et de nombreux sacrifices. Mais aujourd’hui, nous sommes fiers du chemin parcouru », a-t-il dit, avant de passer plus tard, symboliquement, le flambeau aux cadets. Un serment solennel a été prononcé collectivement : servir avec compétence, discipline, humanité et respect de la vie humaine. Des mots simples qui ont marqué l’assemblée.

La marraine Mme Kansa Antoinette, ancienne sous-directrice d’école de santé, a offert l’un des moments les plus attendus de la matinée. Avec la douceur de l’expérience et l’autorité de la sagesse, elle a égrené trois valeurs fondamentales à ses « filles » : la compétence, l’humilité et l’intégrité. « Un sourire, un mot rassurant valent parfois autant qu’un médicament. Ne laissez jamais la routine éteindre votre empathie », leur a-t-elle conseillé. Pour elle, « cette blouse blanche doit rester blanche. Refusez la facilité, le favoritisme, la négligence. »

Entre deux discours, les étudiants ont régalé l’assistance. Moments de poésie et surtout les chorégraphies très attendues des étudiants infirmiers, sages-femmes et maïeuticiens ont mis le feu à la tribune. L’ambiance festive a culminé avec le ballet de la promotion P1, un numéro préparé de longue date et qui a déclenché une vague d’ovations. Parents, encadreurs et élus riaient, filmaient et tapaient dans leurs mains, unis dans une même joie.

La directrice générale de l’INFAS, Mme Sanogo Mélaine Ndathz-Ebagnitchié, a remercié toutes les parties prenantes, soulignant le rôle décisif du ministre Flindé dans la naissance de l’antenne de Man. « Il nous a contraints à ouvrir, et c’est tant mieux », a-t-elle confié avec humour et reconnaissance. Mais elle a aussi lancé un appel pressant aux autorités pour la construction définitive du site, rappelant que l’INFAS est actuellement hébergée par le lycée professionnel. Elle a conclu en invitant les étudiants à réciter ensemble leur identité INFAS : « Je ne fais pas n’importe quoi. »

Le clou de la cérémonie est venu du parrain lui-même. Député, ancien ministre-gouverneur du District des Montagnes et docteur en économie, Albert Flindé a retracé l’épopée de la création de l’INFAS de Man, née d’une volonté politique tenace depuis 2019. S’adressant directement aux diplômés, il leur a rappelé que leur blouse n’a « ni coloration politique, ni coloration ethnique, ni religion ». Citant Louis Pasteur, il leur a transmis une boussole simple : « Guérissez, soulagez, écoutez. » À ceux qui seront affectés dans les zones reculées des Montagnes (de Sipilou à Zouan-hounien), il a demandé de se souvenir qu’ils sont des produits de Man, et que leur standard s’appelle l’excellence.

Le secrétaire général de la préfecture, Stéphane Guiriga, représentant le préfet du département de Man, préfet de la région du Tonkpi, a apporté la caution solennelle de l’État à cette double cérémonie. Dans un discours remarqué, il a dit aux étudiants : « Derrière cette blouse, il y aura des regards qui attendent, des malades qui espèrent, des familles qui tremblent, des vies suspendues à votre décision. » Puis, se tournant vers les parents épanouis dans les tribunes : « Ce que vous voyez aujourd’hui, c’est l’histoire de vos sacrifices qui se raconte sous vos yeux. La nation vous dit merci. »

Après le rafraîchissement offert par le comité d’organisation, les convives se sont dispersés lentement, encore sous le charme d’une matinée unique. L’INFAS de Man compte désormais une première promotion lancée dans la vie active, et une nouvelle génération de soignants prêts à endosser la blouse pour la première fois. Dans cette ville où les montagnes veillent, 393 étudiants ont prêté serment de servir la vie.

Kindo Ousseny

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