Une patrouille de police lancée dans le cadre de l’opération « Épervier XI » a intercepté, samedi soir, un chargement massif de stupéfiants au carrefour du Collège Legbedji. Les deux suspects ont pris la fuite, abandonnant leur colis. Une enquête est en cours.

Duékoué, samedi 16 mai 2026
Il est 18 h 30, le soleil commence à décliner sur Duékoué, lorsqu’une équipe de patrouille du commissariat de la ville repère deux individus au comportement suspect. À moto, circulant à vive allure avec un sac qu’ils semblent vouloir dissimuler, les deux hommes attirent aussitôt l’attention des agents engagés dans la redynamisation de l’opération « Épervier XI ». La suite tournera court pour les forces de l’ordre, mais le résultat sera éloquent.
Sitôt pris en chasse au carrefour du Collège Legbedji, les deux suspects, chevauchant une motocyclette APSONIC de couleur noire, ont choisi la fuite plutôt que l’interpellation. Profitant des pistes en mauvais état qui serpentent en périphérie du quartier, ils ont réussi à semer leurs poursuivants. Mais avant de disparaître dans la nature, ils ont lâché leur précieux chargement dans un fourré en bordure de route.
La fouille minutieuse du colis abandonné par les mis en cause a donc livré une double saisie remarquable : cinquante blocs de cannabis pesant au total environ cinquante kilogrammes, et pas moins de 1 113 doses d’héroïne pour un poids évalué à 300 grammes. Une quantité qui, mise sur le marché, aurait pu alimenter pendant plusieurs semaines les réseaux de consommation locaux que les autorités cherchent précisément à démanteler.
Cette saisie illustre la détermination de nos équipes à ne laisser aucun espace aux trafiquants dans notre zone de compétence. L’opération Épervier XI n’est pas une opération ponctuelle : c’est un engagement continu. “Nous avons saisi les produits ; nous allons maintenant mettre tout en œuvre pour identifier et interpeller les individus en fuite. Je veux que les populations de Duékoué sachent qu’elles peuvent compter sur leurs forces de sécurité”, a déclaré le Commissaire Ouattara Yssouf, Chef de service, Commissariat de Duékoué.
Il a tenu à souligner le contexte dans lequel s’inscrit cette opération. « Nous avons redynamisé l’opération Épervier XI précisément pour rassurer davantage les habitants de notre secteur », a-t-il expliqué, le visage grave mais le ton résolu. « Le trafic de drogues et de stupéfiants alimente la délinquance, la violence, et détruit des familles. Nous ne pouvons pas l’accepter. »
Si les deux suspects courent encore, leur fuite ne met pas fin à l’affaire. Une enquête judiciaire a été officiellement ouverte pour les identifier et les localiser. Les éléments recueillis sur la scène à savoir la moto abandonnée, le type de conditionnement des produits, les témoignages éventuels dans le voisinage, constitueront autant de pistes pour les enquêteurs. « Ceux qui pensent qu’ils peuvent échapper à la justice en abandonnant leur marchandise se trompent », a prévenu le commissaire. « Nous les retrouverons. »
À Duékoué comme ailleurs dans la région du Guemon, la lutte contre le trafic de stupéfiants reste un défi quotidien pour les autorités. La ville, carrefour routier entre la Guinée, le Liberia et l’intérieur de la Côte d’Ivoire, est régulièrement identifiée comme point de transit pour des marchandises illicites. L’opération Épervier, reconduite et renforcée au fil des éditions, est l’une des réponses opérationnelles à cette réalité géographique et sécuritaire.
La saisie de samedi soir envoie un signal fort : les patrouilles sont actives, les équipes vigilantes, et les trafiquants, même armés de la vitesse et de la nuit, n’ont pas dit leur dernier mot face à des forces de l’ordre qui, elles non plus, ne baissent pas la garde.
Kindo Ousseny
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