C’est sous une ambiance des grands jours, dans la cour animée de la préfecture de Biankouma, que s’est jouée, le 4 mai 2026, une scène familière de l’administration territoriale ivoirienne : la passation de charges entre un préfet sortant et son successeur.

Ils étaient nombreux ce matin-là, agents de l’État, chefs de village, notables, simples citoyens, à s’être rassemblés dans l’enceinte de la préfecture de Biankouma pour assister à l’installation officielle de Soro Sana, le nouveau représentant de l’État dans ce département de la région du Tonkpi. C’est Lacina Fofana, préfet de la région et par ailleurs préfet du département de Man, qui a procédé à la présentation solennelle du nouvel administrateur.
« Populations de Biankouma, monsieur Soro Sana ici présent est désormais votre nouveau préfet », a lancé Lacina Fofana à l’assemblée. Avant d’ajouter : « L’homme est un administrateur consciencieux, travailleur et chevronné. Afin qu’il réussisse sa mission de développement économique et social de la région, je vous demande une excellente et franche collaboration. »
Le parcours de Soro Sana témoigne en effet d’une expérience solide au sein de l’administration préfectorale ivoirienne. Sous-préfet, puis secrétaire général de préfecture, il occupait jusqu’à récemment le poste de préfet du département de Ouelé, dans la région de l’Iffou. C’est de ce poste qu’il rejoint désormais le Tonkpi, une région de l’ouest du pays aux réalités sociales et foncières particulièrement complexes.
Deux ans à la tête d’un département sous tension
Celui qu’il remplace, Yaya Coulibaly, aura passé exactement deux années à la tête du département (du 2 mai 2024 au 4 mai 2026.) Un mandat court, mais dense. Car Biankouma n’est pas un territoire sans défis : les conflits fonciers y opposent régulièrement des paysans burkinabè aux populations autochtones Yacouba, dans un contexte où la pression sur les terres agricoles et forestières reste forte.
Face à cette réalité, Yaya Coulibaly a fait le choix du dialogue et de la sensibilisation. À travers des tournées dans les campements et villages du département, il a plaidé pour la cohabitation pacifique, le respect des us et coutumes des communautés hôtes, et mis en garde contre la vente anarchique des dernières parcelles forestières disponibles. Résultat : selon son bilan, les conflits fonciers auraient été réduits de moitié sur la période.
Au moment de prendre congé, l’ancien préfet s’est exprimé avec sobriété. « Au terme de mon séjour à Biankouma, je voudrais exprimer mes sincères gratitudes à tous. En premier lieu au ministre Diomandé Vagondo, à mes collaborateurs immédiats, aux chefs de services et aux chefs de villages qui m’ont permis de mener à bien ma mission », a-t-il déclaré.
À Soro Sana, désormais, de s’approprier ce territoire et de poursuivre, à sa manière, le travail de pacification et de développement engagé. La population de Biankouma, elle, observe et attend.
Kindo Ousseny, avec la contribution de Honoré Droh
![]()







