Man: Le CNRA en quête du “riz idéal” pour séduire les consommateurs ivoiriens

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Man a joué, les 16 et 17 juin 2026, le rôle de capitale de la riziculture ivoirienne. À l’Hôtel Les Cascades, chercheurs, producteurs, transformateurs, commerçants, entreprises semencières, consommateurs et partenaires techniques ont partagé deux jours de réflexion intensive sur l’avenir du riz local. L’occasion : un atelier national organisé par le Centre national de recherche agronomique (CNRA) et AfricaRice dans le cadre du projet « Breeding For Tomorrow » (B4T), consacré à la révision des profils variétaux du riz.

Durant ces deux journées, les participants ont passé en revue les principales écologies rizicoles du pays, évalué le programme de sélection conduit par le CNRA et travaillé à la redéfinition des segments de marché. L’objectif : concevoir des variétés à la fois performantes pour le producteur et attrayantes pour le consommateur.

Ouvrant les travaux, le directeur régional du CNRA à Man, le Dr Boué Alphonse, a posé le nouveau cap sans ambiguïté : la recherche ne peut plus se satisfaire de critères purement scientifiques. Elle doit désormais partir du terrain, des assiettes et des marchés. « Les habitudes alimentaires évoluent. Nos semences doivent suivre », a-t-il rappelé.

Le Professeur Da Costa Kouassi, représentant le Directeur général du CNRA, a élargi la perspective. L’autosuffisance ne suffit plus ; encore faut-il que le consommateur choisisse le riz ivoirien. Goût, texture, aspect, cuisson : autant de critères qui font la différence face aux riz importés. Il a salué à cet égard les fruits de la coopération CNRA-AfricaRice, avec l’homologation des variétés CRAB 1, 2, 3 et 6.

Le Dr Franck Bahan, chef du programme riz, a résumé l’enjeu en une formule : trouver le « riz idéal ». Derrière cette expression se cachent des questions simples mais fondamentales, (quel riz veut le producteur, que cherche le transformateur, qu’attend l’acheteur ? ) dont les réponses guideront désormais tous les programmes d’amélioration variétale.

L’atelier a aussi mis en lumière la richesse d’une approche participative réunissant l’ensemble de la filière, des spécialistes du genre aux experts en nutrition, en passant par les services de l’État. L’importance des semences certifiées pour une productivité durable a été soulignée avec insistance.

En quittant Man, les participants sont repartis avec une conviction partagée : la bataille pour la souveraineté rizicole de la Côte d’Ivoire se gagnera dans les laboratoires autant que sur les marchés. Le CNRA et AfricaRice ont posé, dans la cité des 18 montagnes, les fondations d’une nouvelle génération de riz ivoirien.

Kindo Ousseny

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