Orpaillage illégal et tentative de meurtre : “Capitaine fourmi” lourdement condamné

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La justice ivoirienne a frappé fort contre les auteurs d’activités illégales dans les aires protégées. Le Tribunal de première instance de Bouna a condamné, le lundi 20 juillet 2026, SOM Sansan, plus connu sous le sobriquet de « Capitaine Fourmi », à vingt ans d’emprisonnement ferme. Le prévenu a été reconnu coupable d’introduction frauduleuse dans le Parc national de la Comoé, d’orpaillage clandestin, de détention illégale d’une arme à feu et de tentative de meurtre sur un agent de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR).

Cette condamnation trouve son origine dans une opération de surveillance menée en 2024 par les équipes du Secteur Bouna de l’OIPR dans la zone de Saye, au cœur du Parc national de la Comoé.

Ce jour-là, les agents placés sous la conduite du Capitaine N’GUESSAN Emile, Chef du Secteur Bouna, surprennent un groupe d’orpailleurs clandestins en pleine activité à l’intérieur de cette aire protégée. Alors que les éléments de l’OIPR procèdent à leur interpellation, la situation dégénère brutalement.

Armé d’un fusil de calibre 12, SOM Sansan, alias « Capitaine Fourmi », ouvre le feu sur le Sergent-Chef OUATTARA Allas, dans une tentative manifeste de lui ôter la vie. Grâce à son sang-froid et à l’intervention rapide de ses coéquipiers, l’agent échappe à cette attaque sans être blessé. L’auteur présumé est aussitôt maîtrisé, interpellé en possession de son arme, puis déféré devant le parquet avant d’être placé sous mandat de dépôt.

Au cours de son procès, le prévenu a reconnu l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. À la barre, le Sergent-Chef OUATTARA Allas est revenu sur les circonstances de cette tentative de meurtre dont il a été victime dans l’exercice de ses fonctions.

En plus de la peine d’emprisonnement, le tribunal a condamné SOM Sansan à verser un million de francs CFA à l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) au titre des dommages et intérêts, ainsi qu’un autre million de francs CFA au Sergent-Chef OUATTARA Allas, en réparation du préjudice subi.

Les investigations menées dans le cadre de cette affaire ont également révélé que le condamné assurait la sécurité armée de groupes d’orpailleurs clandestins opérant illégalement dans le Parc national de la Comoé.

Les débats ont, par ailleurs, fait ressurgir des faits remontant à 2013. SOM Sansan a reconnu son implication dans une attaque armée perpétrée contre une équipe de commandos de la Direction de Zone Nord-Est (DZNE) de l’OIPR, au cours de laquelle plusieurs agents avaient été grièvement blessés. Des victimes ainsi que des témoignages anonymes de riverains ont confirmé son implication et décrit un individu au comportement particulièrement violent. Toutefois, ces faits n’ont pas été retenus dans la décision de justice, le tribunal ayant statué uniquement sur les infractions commises en 2024.

À travers ce jugement, la justice ivoirienne adresse un signal fort aux auteurs d’activités illégales dans les aires protégées et réaffirme sa détermination à réprimer avec fermeté les atteintes au patrimoine naturel ainsi que les violences dirigées contre les agents chargés de sa protection.

Le Colonel KOUADIO Yao Roger, Directeur de Zone Nord-Est de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves, a salué cette décision qu’il considère comme un message clair à l’endroit des auteurs d’infractions environnementales. Il a réaffirmé la détermination de l’OIPR à poursuivre sans relâche la lutte contre l’orpaillage clandestin et toutes les formes de criminalité environnementale afin de préserver l’intégrité du Parc national de la Comoé.

une correspondance de Diakité Magbé Bamba à Bouna

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