La préservation du parc national du Mont Péko se joue aussi dans les villages riverains. Réunis le vendredi 16 octobre à Duékoué pour la troisième session ordinaire 2026 du Comité de gestion locale (CGL), les acteurs de la conservation ont réaffirmé qu’il fallait protéger la biodiversité tout en améliorant les conditions de vie des populations. Bilan des activités, suivi des éléphants, appuis aux communautés et validation des lauréats du Prix Vert 2025 étaient au programme. Au terme des travaux, Sibaly, Yrozon et Gloplou ont été distingués pour leurs efforts en faveur de l’écocitoyenneté.

Président du CGL, le préfet de la région du Guémon et du département de Duékoué, Ado Tano Jean-Marie, a salué la mobilisation des membres du comité. Selon lui, la présence régulière des autorités, des représentants des communautés et des partenaires montre l’importance accordée à ce massif forestier. Il a toutefois rappelé les menaces qui pèsent sur le parc : pression forestière, agriculture illégale, exploitation clandestine des ressources et braconnage. Face à ces défis, il a plaidé pour une gestion inclusive et participative, adaptée au terrain, convaincu que l’avenir du Mont Péko dépend de la capacité de tous à préserver la nature tout en soutenant les communautés.
Représentant le directeur général de l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR), le conservateur général Tondossama Adama, le colonel Gonto Gbassaha, conseiller technique, a salué les efforts de restauration du parc. Au sortir de la crise, rappelle-t-il, cette aire protégée était considérée comme en péril. Grâce à l’engagement des autorités préfectorales, des communautés et des acteurs de la conservation, elle retrouve peu à peu sa place dans le patrimoine naturel ivoirien. Il a insisté sur le rôle des mesures riveraines, qui associent davantage les populations à la gestion des espaces protégés et leur offrent des alternatives économiques durables.

Ces orientations ont nourri les échanges sur les activités génératrices de revenus. Pour le colonel Gonto Gbassaha, l’élevage de porcs, de volailles, de poules pondeuses ou d’escargots peut alléger la dépendance des communautés aux ressources du parc. L’enjeu, a-t-il expliqué, « est de faire des riverains de véritables partenaires de la conservation, plutôt que de les laisser chercher leur subsistance à l’intérieur de l’aire protégée ». À la clôture, le préfet a appelé à consolider les acquis et à rechercher de nouveaux financements. Il a surtout invité les bénéficiaires « à pérenniser les projets reçus, afin d’éviter tout retour aux pratiques néfastes pour la forêt lorsque les appuis extérieurs prendront fin ».
Le président du CGL a rendu compte d’une visite dans une localité riveraine, organisée après des préoccupations exprimées par ses habitants. Six propositions recueillies à cette occasion seront transmises au secrétariat du comité pour examen. Évoquant les difficultés d’accès à certains villages, notamment en saison des pluies, le préfet a souligné que la présence des autorités contribue à apaiser les inquiétudes et à rétablir le dialogue. Les préoccupations formulées seront prises en compte, a-t-il assuré, dans la mesure du possible, car la sécurisation durable du parc suppose de mieux comprendre ce que vivent les communautés.
Moment attendu de la session, la validation des résultats du Prix Vert 2025 a été approuvée à l’unanimité par le comité, sur présentation du sous-préfet de Bagohouo, Foulé Marius Kouamé. Sibaly (sous-préfecture de Bagohouo) arrive en tête avec 80,50 points sur 100. Yrozon, dans la même sous-préfecture, le suit avec 77,08 points. Gloplou (sous-préfecture de Zéo-Zibiao) complète le podium avec 72,08 points. Ces distinctions saluent les efforts écocitoyens des villages et constituent, selon l’OIPR, un levier de sensibilisation et de mobilisation en faveur de la conservation.

À cette occasion, le directeur de la Zone Ouest de l’OIPR, le colonel Zannou Moïse, a annoncé une enveloppe globale de 10 millions de FCFA pour les trois lauréats : 5 millions pour le premier, 3 millions pour le deuxième et 2 millions pour le troisième. Les récompenses seront remises lors d’une cérémonie solennelle, en présence du préfet de région, à une date qui sera communiquée ultérieurement. Le directeur de zone a également annoncé le renforcement des capacités opérationnelles de ses équipes : un véhicule de transport de troupes a été mis à leur disposition, et douze agents techniques issus de l’École nationale des eaux et forêts ont été affectés à la zone.
Le préfet Ado Tano Jean-Marie a clos la session en saluant la qualité des interventions et la richesse des débats. Il a réaffirmé son engagement à porter les préoccupations des populations auprès des responsables et des partenaires concernés. De nouveaux financements, notamment dans le cadre des partenariats mobilisés autour du parc, devraient contribuer à consolider les actions engagées.
Au-delà des distinctions du Prix Vert, cette session a surtout rappelé une exigence : la sauvegarde du Mont Péko ne réussira durablement qu’avec la participation des communautés riveraines, la continuité des appuis économiques et un dialogue permanent entre l’OIPR, les autorités et les populations.
Kindo Ousseny
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