Bafing : Le sucre au service du développement de la région

Temps de lecture : 3 minutes

En reportage à l’usine Sucrivoire de Borotou-Koro, région du Bafing, le 28 avril 2018, nous avons touché du doigt les facteurs du développement liés à la fabrication du sucre.  

Borotou-Koro est l’appellation du complexe sucrier. Ce nom est composé de Borotou et de Koro, deux villages qui revendiquaient le site en son temps. La sagesse d’Houphouet Boigny a tranché donc en baptisant ce village industriel de Borotou-Koro qui comprend aujourd’hui 12000 âmes et trois villages, à savoir Morifinsso, Bontou et Dabala. 

À Sucrivoire, rien ne se perd… 

Comme l’avait déjà présagé ce célèbre chimiste, rien ne se perd, tout se transforme. L’usine de sucrivoire ne désobéit pas à ce postulat cher à Lavoisier. La fabrication du sucre engendre deux sous-produits : 

– la bagasse qui est le premier rejet, ce sont les déchets de la canne après le broyage. La bagasse est utilisée par l’usine comme combustible pour produire sa propre énergie électrique pour toute la localité.

Lors de la transformation et après cristallisation, l’on obtient la mélasse très important fertilisant sous-produit du sucre. Il n’est pas consommable, mais elle peut être utilisée pour la fabrication de liqueur. L’autre partie suit son court de traitement et devient le sucre consommable.

– La mélasse est un autre sous-produit du sucre. C’est le liquide noir dépouillé de sucre. La mélasse est utilisée dans la fabrication de liqueur ou comme fertilisant dans les champs. L’on déverse également ce liquide sur les routes pour diminuer la poussière. Le travail à l’usine de Borotou-Koro peut être résumé en trois phases : la production, la vie et la recherche.

Le sucre produit par Sucrivoire à Borotou-Koro

Selon notre guide et précieux informateur Aboutou Frédéric, il se passe un véritable travail à la chaîne ici. Lorsque le jus est épuré de la bagasse, l’autre liquide obtenu est à priori acide, avoisinant PH 4. L’on procède alors par différents procédés pour réduire au maximum « la composition acide » du jus. Après l’épuration, vient la phase de l’évaporation qui consiste à soustraire 80% d’eau du jus de sucre. Ensuite la cristallisation qui transforme le jus en cristaux avec de moins en moins d’eau. À la fin, il y’a la raffinerie.

Le social : Cet autre pan de Sucrivoire 

L’implantation de cette usine a attiré beaucoup de personnes à la recherche de bien-être. Ainsi, l’usine emploie plusieurs jeunes ivoiriens sur les champs et dans les usines. L’énergie électrique n’est pratiquement pas payante dans cette localité où les villages riverains font fortune dans les plantations de cannes villageoises.

En outre, cette société fait beaucoup d’efforts dans le reboisement et la protection de l’environnement. Des champs de teck existent à perte de vue. Sucrivoire s’est également fortement impliquée dans la réalisation des routes, des écoles, de cités dortoirs et même des activités récréatives pendant les vacances, dit-on. Un beau stade de football a été construit par l’entreprise. La zone est parcourue par 6000 km de route en terre battue et une piste d’atterrissage.

La présence de Sucrivoire à Borotou-Koro est finalement vitale pour la Côte d’Ivoire et pour la région du Bafing, même si une frange des ressortissants de cette région disent ne pas sentir réellement les impacts de l’action de cette usine. 

Mandé Adams

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