Le village de Bédy-Goazon, niché au cœur du département de Guiglo dans la région du Cavally, a vibré aux rythmes et aux couleurs du FESTITOH (Festival du Tohourou) du 25 au 27 juillet 2025. Ce rendez-vous culturel d’envergure a rassemblé plus de 10 000 festivaliers venus de tous horizons, aux côtés des élus, cadres, fils et filles de la région, pour célébrer la 7ᵉ édition de cet événement devenu incontournable.

Organisé à l’initiative de la Fondation KALEHAKA, présidée par Gisèle Gboubouo – également commissaire générale du festival – le FESTITOH a permis au peuple Krou de se retrouver dans un esprit de communion culturelle. Parrain de cette édition, le Ministre Hubert Oulaye a exprimé son admiration pour cet événement qu’il suit depuis sa troisième édition.
« J’ai découvert ce festival à sa troisième édition et j’ai tout mis en œuvre pour qu’il vienne ici, dans le Cavally », a-t-il déclaré, heureux de voir ce projet aboutir. Il a souligné que l’un de ses objectifs majeurs est de rapprocher les différentes cultures du pays Krou.
Le Ministre a relevé la proximité frappante entre les nombreuses expressions culturelles de cette région : le Tohourou des Bété, les danses Glahes des Wê, ou encore les danses des panthères de Zoukougbeu. « C’est la même culture, mais chacun reste chez lui sans se connaître. Ce n’est pas normal. Pour moi, il faut un brassage, et c’est ce brassage que nous avons commencé ici », a-t-il insisté.
Cette édition du FESTITOH a ainsi donné lieu à une véritable mosaïque culturelle, avec la participation d’artistes et de groupes représentant le Tohourou, les danses panthères de Zoukougbeu, les masques du Bas-Sassandra (notamment d’Orokpa), le Tématé, et bien d’autres trésors culturels issus du Cavally et du Guémon. Le Ministre Oulaye a même formulé le vœu d’étendre cette dynamique au-delà du pays Krou, jusqu’au Nord, dans la région du Poro, afin de renforcer l’unité nationale par la culture.
Gisèle Gboubouo, présidente de la Fondation KALEHAKA, a expliqué le choix de la région du Cavally pour cette 7ᵉ édition. Elle a rappelé que la fondation œuvre dans les domaines de la culture, de l’éducation et de la santé, et que le FESTITOH en est le bras culturel. Le festival, a-t-elle précisé, célèbre les arts oratoires, dont le Tohourou est le fleuron en pays Bété, en lien avec les arts traditionnels mais aussi les formes urbaines comme le Zouglou, le Rap et le Slam.
« Le Tohourou, c’est une poésie mise en musique qui transmet le savoir et renforce les liens communautaires à travers l’éducation traditionnelle. FESTITOH Culture a pour vocation de nous reconnecter à nos racines. Et si nous avons choisi le Cavally, c’est parce qu’il est le berceau des arts oratoires, donc le berceau du Tohourou. C’est ici que nous venons chercher la bénédiction », a-t-elle confié.
Profitant de cette grande mobilisation populaire, le Ministre Hubert Oulaye a posé un acte de solidarité en offrant un important don au centre de santé rural de Bédy-Goazon, un geste hautement salué par les populations locales.
Les trois jours de festivités ont culminé dans une apothéose vibrante, marquée par des prestations artistiques envoûtantes et des moments de partage culturel intenses. En clôture, la Fondation KALEHAKA a remis des attestations de participation aux différents acteurs du festival, sous les applaudissements nourris du public et du parrain, visiblement ému par la ferveur populaire.
Au-delà de la célébration des cultures Krou, cette 7ᵉ édition du FESTITOH a jeté les bases d’un véritable pont culturel entre les peuples de Côte d’Ivoire, ouvrant la voie à une cohésion nationale portée par les arts et la tradition.
Serge Coulibaly à Duekoué
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