La ville de Biankouma et le village communal de Dingouin vivent depuis le samedi 13 juin une situation particulièrement tendue à la suite du décès d’un jeune habitant de la localité. Les événements ont provoqué une vive émotion au sein de la population, notamment chez les jeunes qui ont manifesté leur colère en érigeant des barricades et en perturbant la circulation dans plusieurs secteurs. Malgré l’intervention des forces de l’ordre, la tension restait perceptible dimanche dans plusieurs quartiers de la ville.

À l’origine de cette crise, un incident survenu la veille impliquant deux jeunes circulant à moto. Selon les informations recueillies, les deux occupants de l’engin auraient été interpellés par des éléments des forces de sécurité. Une tentative d’arrêt aurait alors provoqué leur chute. Grièvement blessé, l’un des jeunes conduits dans un centre de santé où il a malheureusement succombé à ses blessures quelques heures plus tard. Le second blessé, selon des sources concordantes, aurait lui aussi passé l’arme à gauche.
L’annonce des deux décès a rapidement suscité l’indignation à Dingouin, village d’origine de la victime. Dès samedi, des groupes de jeunes sont descendus dans les rues pour exprimer leur mécontentement. Des barricades ont été installées sur plusieurs axes routiers, y compris sur la route nationale reliant Man à Odienné. Les manifestations ont fortement perturbé la circulation et les activités socio-économiques dans la zone.
Au cours des troubles, plusieurs magasins ont été ravagés par les flammes à Biankouma. Toutefois, selon une source policière, ces incendies ne seraient pas directement imputables aux manifestants. Les premiers éléments recueillis indiqueraient plutôt un départ de feu accidentel dans un contexte marqué par la confusion et l’agitation. Cette situation a néanmoins contribué à accentuer les inquiétudes des populations et des commerçants.

Face à la montée de la tension, les autorités ont renforcé le dispositif sécuritaire dans la région. Des renforts de la police et de la gendarmerie ont été déployés dès dimanche afin de rétablir l’ordre public. Les forces de sécurité ont procédé à la dispersion de groupes de manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes. Si un calme relatif semblait revenir dans certaines zones, la situation demeurait fragile au moment où nous mettions sous presse.
Ce dimanche encore, le centre-ville de Biankouma connaît des perturbations notables. La majorité des commerces est restée fermée toute la journée, tandis que les déplacements demeurent limités dans plusieurs secteurs. À ce stade, aucune déclaration officielle n’avait encore été faite par les autorités compétentes. Celles-ci poursuivent toutefois leurs efforts pour apaiser les tensions et favoriser un retour durable au calme dans cette partie de l’ouest ivoirien.
Kindo Ousseny
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