Man: Le BSO cède la place au BIM

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À Man, le vendredi 25 septembre 2026, les couleurs et les attributs du nouveau Bataillon d’infanterie des montagnes (BIM) ont marqué une nouvelle étape dans l’organisation de la défense de l’Ouest ivoirien. Dans l’enceinte de la caserne de l’ex-Bataillon de sécurisation de l’Ouest (BSO), militaires, autorités administratives, politiques et coutumières ont assisté à la dissolution du BSO et à la naissance officielle du BIM. Une transformation qui va bien au-delà d’un simple changement de dénomination.

Sur le site militaire de Man, l’atmosphère était solennelle. Devant les officiers, sous-officiers et militaires de rang, le chef d’état-major général des Armées, le général d’armée Lassina Doumbia, a donné le ton. « L’acte de ce jour marque une mutation profonde dans nos postures opérationnelles », a-t-il déclaré, expliquant que les défis sécuritaires de plus en plus complexes commandaient aux Forces armées de Côte d’Ivoire de se réorganiser, de se moderniser et surtout de s’adapter aux réalités géographiques. Le BSO cède ainsi la place au BIM, sur la base d’un arrêté ministériel pris en octobre 2025.

Pour le général Lassina Doumbia, cette mutation répond à une nécessité opérationnelle. La nouvelle unité devra apporter des réponses sécuritaires « adaptées, agiles et contextualisées » dans un environnement sous-régional marqué par des menaces multiformes. Dans cette zone montagneuse et frontalière de l’Ouest, la maîtrise du terrain devient donc un élément déterminant. « Il était nécessaire pour les forces armées de se réorganiser, se moderniser et s’adapter à la réalité du moment », a-t-il souligné, appelant les militaires à anticiper plutôt qu’à subir et à agir plutôt qu’à réagir.

Le lieutenant-colonel Siaka Dimy, désormais à la tête du BIM, mesure la particularité de la mission. Dans son allocution, il a décrit une zone frontalière où reliefs, espaces boisés et enclavement peuvent faciliter la dissimulation, l’infiltration ou la circulation d’acteurs hostiles et criminels. Face à ces réalités, le nouveau bataillon entend combiner maîtrise du terrain, renseignement de proximité, mobilité, coopération avec les autres forces de sécurité et confiance avec les populations. « Notre ambition est de forger une unité rustique, résiliente et agile », a-t-il indiqué.

La transformation du BSO en BIM ne part toutefois pas de zéro. Le chef de corps a fait état des premiers tests d’intégration destinés à apprécier les aptitudes physiques, morales et professionnelles des personnels. Des échanges d’expériences avec des unités des Forces armées de Côte d’Ivoire et étrangères ont également permis d’acquérir des savoir-faire liés à l’évolution et au combat en terrain difficile. Sélection, formation, entraînement et équipement constituent désormais les différents leviers d’une montée en puissance appelée à se poursuivre avec méthode.

Le général Doumbia a, de son côté, fixé le cadre moral de cette nouvelle unité. Aux hommes du BIM, il a demandé « bravoure, résilience, discipline et patriotisme ». Il a surtout insisté sur trois piliers : « solidarité, confiance, fierté ». La solidarité devra renforcer la fraternité entre les militaires, la confiance soutenir l’efficacité collective et la fierté rappeler à chacun l’honneur de porter le drapeau de l’unité. Le chef d’état-major général a également insisté sur la nécessité de préserver des comportements irréprochables dans les rapports avec les populations.

Cette cérémonie a aussi été un moment de mémoire. Le lieutenant-colonel Siaka Dimy a rendu hommage au Colonel-Major Soro Draman, qui a dirigé le BSO, pour le travail accompli en matière de cohésion et de discipline. Il a également évoqué les conditions difficiles dans lesquelles les premiers éléments du BIM ont été préparés au milieu montagneux, entre intempéries, reliefs et difficultés d’accès. Deux militaires, le sergent Berté Chaka et le soldat Oulibane Mamadou, ont perdu la vie au cours d’une mission de ravitaillement du centre d’entraînement. Leur mémoire a été solennellement saluée.

Désormais, les montagnes de l’Ouest constituent le nouveau cadre d’action du BIM. « Aucune mission durable ne peut réussir sans la confiance des populations », a rappelé le lieutenant-colonel Siaka Dimy, promettant de construire avec elles une relation fondée sur « le respect mutuel, l’écoute, la collaboration et l’entraide ». À Man, la disparition du BSO et la naissance du BIM consacrent donc une nouvelle orientation opérationnelle. Une unité spécialisée appelée à faire de la rusticité, de la mobilité et de la maîtrise du milieu montagneux des atouts au service de la sécurité, de la paix et de la protection des populations.

Kindo Ousseny

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