À moins de deux semaines de l’élection présidentielle, le constat est pour le moins préoccupant dans la région du Tonkpi. Plus de 12 000 cartes nationales d’identité (CNI) demeurent encore en souffrance dans les bureaux de l’Office national de l’état civil et de l’identification (ONECI) à Man. Un chiffre qui inquiète les autorités locales, alors que la possession de ce document est indispensable pour le retrait des cartes d’électeur et la participation au vote.

Face à cette situation, la direction régionale de l’ONECI, sous la conduite de Tapé Honoré, a initié, en collaboration avec la sous-préfecture, une opération de distribution accélérée. Les vendredi 17 et samedi 18 octobre, des équipes ont été mobilisées pour remettre les CNI non retirées.
« Nous avons voulu permettre au maximum de citoyens d’obtenir leur carte avant le scrutin. Mais beaucoup ne viennent toujours pas », a regretté Tapé Honoré, visiblement préoccupé par la lenteur des retraits.
Chaque quinzaine, de nouveaux lots de cartes arrivent, augmentant le stock déjà conséquent. Le directeur régional rappelle pourtant que « la carte d’identité est disponible au plus tard un mois après la demande », sauf en cas de dossier nécessitant correction.
Sur le terrain, les témoignages traduisent un mélange de désarroi et d’impatience.
Dosso Fanta, une habitante de Man, raconte : « J’ai fait ma demande en janvier, mais je n’ai toujours rien. À force d’attendre, j’ai envie de recommencer toute la procédure. »
Même son de cloche chez Goh Darius, venu du village de Bloleu : « J’ai fait plusieurs déplacements inutiles. Mon fils a besoin de ma carte pour ses démarches administratives. Je pense qu’il faut rapprocher le service des populations. »
Ces lenteurs découragent certains citoyens, alors même que l’ONECI appelle à plus de vigilance et de suivi de la part des demandeurs.
Malgré les retards, certains usagers repartent satisfaits.Palé Fulbert, par exemple, a pu récupérer sa CNI après un mois d’attente : « Je suis soulagé, je vais enfin pouvoir accomplir mes démarches et voter. »
Même soulagement pour Gondo Bédel : « Ma carte est arrivée. Je demande à ceux qui attendent encore de patienter et de se présenter aux guichets. »
Ces cas positifs illustrent les efforts des équipes locales, bien que la tâche reste immense à l’approche des élections.

Conscient de l’urgence, Tapé Honoré a lancé un appel appuyé à la population : « La CEI exige la carte nationale d’identité pour le retrait des cartes d’électeurs. Nos parents doivent se rendre sans délai dans les centres ONECI. Nous avons simplifié les conditions : avec le récépissé, un extrait ou un certificat de nationalité, la carte peut être remise. »
Le directeur a insisté sur le respect de la loi, rappelant que la remise des cartes par des tiers est strictement interdite. L’opération spéciale se poursuit ce week-end dans les différents points de distribution de Man.
Dans un contexte électoral sensible, le retrait des cartes d’identité revêt une importance capitale. Au-delà du vote, ce document conditionne l’accès à de nombreux services publics et privés.
Les autorités locales appellent donc à un sursaut citoyen pour éviter que des milliers d’électeurs soient exclus du processus faute d’avoir récupéré leur CNI.
Le compte à rebours est lancé, et dans le Tonkpi, l’heure est à la mobilisation pour que plus aucune carte ne dorme dans les tiroirs de l’ONECI.
Kindo Ousseny
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