Tonkpi: Les acteurs du cacao mobilisés autour de la norme ARS 1000

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La grande salle de conférences de l’hôtel Amoitrin de Man a abrité, ce mardi 20 janvier 2026, un atelier officiel de présentation de la norme ARS 1000 dédiée au cacao durable. Initiée par la délégation régionale du Conseil du café-cacao, la rencontre a réuni un parterre d’acteurs institutionnels, techniques et traditionnels autour d’un enjeu majeur : l’avenir durable de la filière cacao dans la région du Tonkpi.

Présidée par le préfet de la région du Tonkpi, préfet du département de Man, Soro Fatogoma, l’atelier a enregistré la présence des directeurs régionaux de l’Agriculture, du Développement rural et de la Production vivrière, de l’ANADER, l’administrateur de l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA), ainsi que de nombreux responsables de sociétés coopératives, producteurs et chefs coutumiers. La délégation traditionnelle était conduite par le chef Raphaël Yaké, président de la Chambre régionale des rois et chefs traditionnels du Tonkpi, porte-parole de Sa Majesté Glodeu Dan Ier.

Dans son allocution inaugurale, le préfet Soro Fatogoma a salué les participants et formulé ses vœux pour l’année 2026, qu’il a souhaitée placée sous le signe de la paix, de la prospérité et d’une filière cacao « plus durable, plus compétitive et plus respectueuse de l’homme et de l’environnement ». Rappelant que le cacao demeure un pilier de l’économie ivoirienne et une source de subsistance pour des millions de familles, il a insisté sur les défis persistants liés au travail des enfants, à la déforestation, au changement climatique, à la qualité, à la traçabilité et à l’amélioration durable des revenus des producteurs.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la norme ARS 1000, présentée aux participants par le délégué régional du Conseil du café-cacao, Marcel Koné. Selon lui, cette norme africaine vise à apporter une réponse cohérente aux exigences croissantes du marché international, tout en tenant compte des réalités locales. « Il devient impératif d’adopter des référentiels communs, crédibles et adaptés à nos réalités africaines afin de garantir la durabilité et la compétitivité de notre cacao », a souligné le préfet, résumant l’esprit de la norme.

Dans le détail présenté par le délégué régional du conseil café cacao, la norme ARS 1000 a pour objectifs de renforcer le commerce intérieur des pays africains, d’améliorer la compétitivité des produits africains sur le marché mondial et de contribuer au bien-être des communautés productrices. Elle ambitionne de garantir une production de cacao durable en promouvant et structurant efficacement les producteurs et leurs entités reconnues, tout en améliorant leurs revenus et la résilience de leurs moyens de subsistance.

Les résultats attendus sont ambitieux : un cacao ivoirien durable et pleinement traçable, l’éradication des pires formes de travail des enfants, la protection des forêts, l’amélioration des revenus des producteurs et la structuration de sociétés coopératives performantes. La norme entend également faciliter l’accès des producteurs aux marchés, aux financements et aux programmes de renforcement des capacités, tout en leur permettant de faire des choix éclairés sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux de leurs activités.

Les échanges qui ont suivi la présentation ont mis en lumière une préoccupation majeure des producteurs : le non-respect du prix bord champ fixé par le gouvernement. Face à cette situation, l’administrateur de l’OIA pour la région du Tonkpi, Traoré Mamadou Lamine, a exhorté les producteurs à la fermeté. « Vous devez refuser de vendre vos produits en dessous du prix fixé par le président de la République, quelle que soit la situation », a-t-il martelé, dénonçant les pratiques d’acheteurs véreux qui profitent de la vulnérabilité des producteurs.

Dans ses mots de clôture, le préfet Soro Fatogoma a tenu un discours sans détour, appelant les producteurs à plus de discipline, notamment sur les bonnes pratiques post-récolte comme la fermentation du cacao. Il a également encouragé la dénonciation des pisteurs et acheteurs indélicats. « Si vous ne respectez pas les règles, les acheteurs véreux viendront toujours vous voler », a-t-il prévenu, tout en rassurant les producteurs sur les démarches en cours au niveau de l’OIA pour trouver des solutions durables.

Avant de lever la séance, le préfet a invité les participants à une véritable appropriation de la norme ARS 1000, convaincu que son implémentation effective sur le terrain profitera à tous. Citant Antoine de Saint-Exupéry — « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » — il a appelé à une responsabilité collective pour bâtir une filière cacao durable, compétitive et porteuse d’espoir pour les générations futures.

Kindo Ousseny

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